17-09-2006

Acte II : scène 6 : Les choses sérieuses commencent …

ACTE II

Scène 6

L’intérieur d’un appartement assez chic, classe.
Quelqu’un frappe à la porte.
Keaton apparaît , en peignoir et fumant une cigarette. Il va ouvrir.
C’est Verbal.

KEATON
Qu’est-ce que tu fous ici ? Comment tu m’as trouvé ?

VERBAL
Ben j’ai demandé aux flics du centre ville, ils ont été ravis de me rendre ce service.

Keaton semble maudire quelqu’un en soupirant et fait signe à Verbal d’entrer.
Verbal entre et s’asseoit sur le canapé, regardant Keaton avec attention. Il regarde et admire la décoration de l’appartement.

Edie entre dans la pièce en pantalon de jogging et chemise d’homme. Elle ne voit pas qu’il y a un visiteur.

EDIE
Dean, qui c’était à la p…

Elle se fige en voyant Verbal sur le canapé.
Verbal essaie de lui sourire, nerveux.

VERBAL
Comment allez-vous ?

KEATON, gêné
Verb-Roger, voici Edie Fineran. Edie, voici Roger Kint, il était…

EDIE froidement
Je sais qui il est.

VERBAL
J’espère que je ne vous dérange pas…

EDIE, d’un ton peu amical
Je l’espère également, Monsieur Kint. Voulez-vous boire quelque chose ?

VERBAL
Un verre d’eau serait parfait.

Edie jette un regard de colère à Keaton en passant devant lui pour sortir de la pièce.
Keaton essaie de se contenir mais il est visiblement lui aussi énervé.

KEATON, plus bas
Que diable fais –tu ici et qu’est-ce que tu veux ?

VERBAL se levant et marchant vers lui.
Je voulais te parler. Les autres…

KEATON
Je t’ai rendu service la nuit dernière en prenant ton parti. Mais ne t’imagines pas qu’on est potes . je suis désolé, mais j’ai autre chose à fai…

VERBAL
Ils vont le faire.
Trois millions de dollars, peut-être plus.

Keaton reste sans voix.
Verbal se rassied sur le canapé.

VERBAL bas
Ils m’ont envoyé te faire une offre. On a besoin d’un cinquième-un chauffeur. C’est tout ce que t’aurais à faire.

Edie revient avec un verre d’eau qu’elle tend de façon peu engageante à Verbal.
Il boit le verre lentement. Edie demeure plantée face à lui, blanche de colère, le mettant dans une situation peu confortable.
Un malaise général plane.

EDIE
Peut-on connaître le but de votre visite, Monsieur Kint ?

VERBAL
Euh…

EDIE
Vous voulez proposer un coup à Dean, je me trompe ? A moins qu’il ne s’agisse de quelque chose de plus original ?

KEATON
Edie, s’il te plaît !

EDIE
Je ne sais pas pourquoi vous êtes venu. Mais nous ne voulons rien avoir à faire avec vous.

KEATON
Ca suffit , Edie. Tu vas trop loin.

Keaton prend Edie par le bras et tente de l’entraîner vers une autre pièce. Elle se dégage, la colère fait place à la rage.

EDIE
J’ai passé la dernière année à le sortir de tout ça ! je ne vous laisserai pas faire ! qu’est-ce qui vous fait croire que vous pouvez…SORTEZ ! sortez de chez moi !

Keaton la tire plus fort par le bras, mais elle se dégage et le repousse violemment.

EDIE
Ne me touche pas. Ne me…

Elle sort brusquement de la pièce. On entend une porte claquer.

Keaton se prend la tête entre les mains et semble torturé.
Puis il lève les yeux et lance à Verbal un air mauvais.

KEATON
Casse-toi.

VERBAL
Laisse –moi juste t’expl…

Soudain, Keaton explose.
Il attrape Verbal par le col et le soulève du canapé, et le traîne sans effort vers la porte. Il l’ouvre et essaie de pousser Verbal dehors.

VERBAL
Ne me fais pas de mal !

KEATON
Te faire du mal, espèce de fils de pute ?je pourrais te tuer.

VERBAL très vite
Ils vont se faire le service taxi.

Keaton s’arrête.
Une pause.

VERBAL
Le service taxi de New York.

KEATON
Ils…c’est n’importe quoi. Ils n’opèrent plus.

VERBAL
Mc Manus a un pote dans la quatorzième Ils vont ressortir pour une livraison-jeudi. Des émeraudes. La marchandise doit être livrée à un commanditaire qui nous filera le fric.

KEATON
Quel commanditaire ?

VERBAL
UN… un type en Californie. Son nom c’est Redfoot.

KEATON
Jamais entendu parler.

Keaton essaie toujours de mettre Verbal dehors. Celui-ci l’attrape par le col et s’agrippe à lui.

VERBAL
Tu dois venir ! s’il te plaît ?

KEATON
Mais qu’est-ce que tu me gonfles à la fin ? qu’est-ce que ça peut vous foutre que je vienne ou pas ?

VERBAL
Ils…ils me connaissent pas. Toi si. Ils me prendront pas si toi tu viens pas. Regarde moi. J’ai besoin de toi. J’ai besoin de ce coup.

KEATON
Ah, laisse tomber.

VERBAL
Me dis pas que toi aussi, t’en n’as pas besoin. Est-ce que cet endroit t’appartient ? (il désigne du doigt l’appartement et sa décoration)

Keaton est incapable de répondre.

VERBAL
Ils ne nous lâcheront jamais, tu le sais ça. Jamais . tu crois que ton business marche ? a d’autre … j’ai entendu votre conversation- je l’ai pas fait exprès- en sortant du commissariat. T’es grillé, Keaton. Avec ce coup, non seulement, on se fait le blé, mais on les touche là où ça fait mal…t’imagines, un trafic de flics ripoux qui se fait braquer… qu’est-ce qu’ils pourront faire après.

Keaton lâche Verbal et revient en arrière, il réfléchit.

VERBAL
De toute façon , même si tu te tenais à carreau le restant de tes jours, même si tu te faisais blanc comme neige, ils ne te foutront jamais la paix.

Un silence.

VERBAL
Je ne critique pas, ma foi, peut-être que tu t’es trouvé un bon job de gigolo avec cette avocate ? peut-être que tu joues bien la comédie et qu’elle continuera à te nourrir, te loger, t’habiller, te sucer…sympa ton peignoir…c’est de la s…

KEATON balance son poing dans l’estomac de Verbal qui se retrouve à genoux. Il halète , tousse et peine à retrouver son souffle.

KEATON
Ferme ta gueule. Dégage ou je t’en balance une autre, pauvre merde.

VERBAL
Ok, ok, j’aurais pas dû. Excuse-moi. Je croyais que c’était du pipeau, votre histoire. Pour te refaire une virginité.
Mais si tu dis que vous êtes vraiment ensemble, ok je te crois, c’est cool. Excuse-moi.

Keaton va vers Verbal, qui était sur le point de s’écrouler, le relève et l’assied sur le canapé. Il s’asseoit à côté de lui.

Il sort un paquet de cigarettes de sa poche et en allume une pour chacun.

KEATON
Je m’excuse.

Verbal prend une cigarette, prend quelques bouffées et se met à tousser, essaie de reprendre son souffle en tenant son estomac à deux mains, et souffre visiblement.

Après un temps :

VERBAL
Non, Je suis allé trop loin.

KEATON, se rendant compte que Verbal est mal en point
Ça va ?

VERBAL
Ca va aller.

KEATON
Je suis désolé.

VERBAL
Oublie ça.
Je chierai probablement du sang cette nuit.

Keaton se met à rire. Verbal réfléchit un moment puis se met à rire aussi.
Le rire de Keaton se ralentit et il réfléchit.

KEATON
Comment vont-ils opérer ?

VERBAL
Mc Manus voulait les buter. Mais j’ai un plan pour tuer personne.

KEATON
Trois millions ? c’est bien ça ?

VERBAL
Plus peut-être.

KEATON
Sans tuer personne ?

VERBAL
Pas si on le fait à ma manière.

Long silence, ils fument.

KEATON
J’avais juré qu’on ne m’y reprendrait plus.

Verbal ne dit rien mais il a un léger sourire.
Il sait qu’il a gagné.
Noir.

Voix de VERBAL
Le service taxi de New York n’était pas un service de taxi ordinaire. C’était une organisation de flics corrompus qui participaient à toutes sortes de trafics, et qui convoyait toutes sortes de marchandises
( fric, drogue, bijoux…) à travers la ville. C’était imprenable. Pour 100 dollars le kilomètre, on pouvait avoir une bagnole officielle avec escorte de police , avec les badges et tout.
Après quelque temps, quelqu’un a commencé à se poser des questions et le service s’est fait plus discret. Malgré tout, la police des polices voulait les pincer la main dans le sac…
Alors forcément ça permettait de faire d’une pierre deux coups : on baisait les flics de NY et on se faisait trois millions ! Et pour ça on y a mis tout notre cœur…
Ca a été un vrai travail d’équipe : Mc Manus s’est amené avec le job, Fenster s’est occupé du camion, Hockney de l’informatique, moi, j’ai organisé le truc pour qu’il y ait pas de morts, et Keaton a mis la touche finale. La cerise sur le gâteau comme on dit…

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17-09-2006

J’aime beaucoup ce qu’ils font…

En attendant la suite ( qui ne saurait tarder) des aventures de Keaton and co, rendez-vous sur les sites de Maxime et Franck ( réservé aux lecteurs, les vrais !!!)

liens : www.maximechattam.com

www.auteursdunord.com

à très bientôt…

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06-09-2006

ACTE I SCENE V : La sortie – A bientôt pour le 2ème acte…?

ACTE I

Scène 5

Devant le bureau de police, Keaton est sur le trottoir, et attend quelqu’un en fumant.
De l’autre côté de la scène , (de l’autre côté de la rue),   Hockney, Fenster, et Mc Manus discutent.
 
Edie Fineran sort brusquement  et se dirige vers Keaton, elle est furieuse.
 
EDIE
Il viennent  de me dire à l’instant qu’ils ne pouvaient pas te libérer avant ! Foutaises !
Tu peux le croire ?Tu n’étais même pas accusé. Bon sang, la police de New York !
Elle regarde Keaton avec tendresse et lui prend le menton dans la main.
Je veux prendre des photos de ton visage et les apporter au district attorney demain matin à la première heure.
 
KEATON, se dégageant doucement.
Oublie ça.
 
Il regarde les autres.
 
EDIE
Certainement pas. Il n’en est pas question, tu m’entends ?
 
Un silence.
 
EDIE
Je mènerai cette affaire devant le grand Jury lundi. Voies de fait , je vais les …
 
KEATON
Edie, s’il te plaît…j’ai pas envie de parler de ça, d’entendre ça maintenant.
Qu’ont dit les français pour le restaurant ? ca les intéresse ? ils ont reparlé du prix ? ils ont fait une proposition ?
 
Elle le regarde fixement.
 
EDIE, embarrassée
Ils veulent un peu plus de temps pour réfléchir.
 
KEATON, l’air désespéré
Oh Bon Dieu…
 
EDIE
Ils ont juste dit qu’ils voulaient du temps…
 
KEATON
Du temps pour quoi, Edie ? du temps pour se renseigner sur moi, voilà pourquoi ! peu importe tout ce que tu as fait pour couvrir mon passé, ils trouveront, tôt ou tard. Ils trouveront qui je suis.
 
 
 
EDIE
Fais-moi un peu confiance. Je te tirerai de là, allons devant le Grand Jury ! je prouverai ton innocence. Les français seront pleinement rassurés de savoir que c’était une erreur. Ca ne s’arrêtera jamais si…
 
KEATON  lui coupant la parole
Ca ne s’arrêtera jamais, point. Ca ne prendra pas plus d’une semaine pour que tous les investisseurs de cette ville nous fuient comme la peste. Non, c’est fini. JE suis fini (il se désigne avec un geste de désespoir)
 
A cet instant, Verbal sort à son tour et en claudicant, va rejoindre les autres.
 
EDIE
Ne me laisse pas tomber maintenant, Dean. On peut s’en sortir. Pense à tout ce que tu as traversé, à tout ce qu’on a traversé, ensemble. On ne va pas se laisser abattre maintenant ! j’ai bataillé pendant plus d’un an pour te faire sortir, on a monté ce restaurant ensemble, c’est notre vie à tous les deux dont il s’agit. Tu n’es plus seul, Dean. Fais-moi confiance.
 
KEATON
Ca ne s’arrêtera pas.
 
EDIE
Je t’aime. Nous sommes en train de construire une nouvelle vie, ne les laisse pas tout gâcher. Laisse-moi faire, s’il te plaît.
 
KEATON à lui-même
Ils m’ont brisé cette nuit.
Tu vois Edie, ce n’est pas les coups qui me font mal ( il désigne ses ecchymoses), ça je m’en fous, j’en ai connu bien d’autres, mais c’est ce … sabotage avec les français. C’est foutu.
 
EDIE, triste
Dean, tu m’entends ? Je t’aime.
 
Keaton regarde à nouveau les quatre autres.
 
EDIE, lui caressant doucement le visage
Allons à la maison. On s’inquiétera de ça demain.
 
Keaton et Verbal se regardent un long moment pendant que les trois autres discutent.
 
KEATON
Hein ?
 
EDIE
Viens à la maison avec moi, s’il te plaît. Dean ?
 
Brusquement, Edie réalise qu’il est captivé par ce qui se passe entre les quatre autres.
Elle prend Keaton par le bras et l’entraîne doucement.
 
EDIE
Viens , rentrons à la maison, Dean.
 
KEATON distant
D’accord.
 
Edie et Keaton quittent la scène.
Verbal les suit des yeux pendant que les autres discutent.
Noir.
 

***

 

Et voilà !!! Fin du 1er acte ….

 

Avant de vous dévoiler la suite, j’attends vos commentaires !

A bientôt

 

 

 

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04-09-2006

ACTE I SCENE IV : LA RENCONTRE

Scène 4

 
Keaton, Verbal, Mc Manus, Fenster et Hockney sont tous les cinq dans une même cellule.
Keaton est dans le coin droit, debout. Il semble ne pas avoir envie de se mêler aux autres.
Verbal est assis, il se fait tout petit, à gauche, derrière les autres.
 
FENSTER
 
Faut faire quelque chose ! Qu’est-ce que c’est que cette merde ? se faire embarquer toutes les 5 minutes ! okay, j’ai fait mon temps en taule, est-ce que ça veut dire que je vais être suspecté chaque fois qu’un camion va se faire braquer sur cette foutue planète ?
 
Mc Manus regarde Keaton en silence.
 
HOCKNEY
Ces types n’ont rien contre nous. Ils vont bien finir par nous laisser partir.
 
FENSTER
T’as foutrement raison.
Ils n’ont pas le droit de nous garder ici, aucun droit !
Sous prétexte qu’on a tous  plongé un jour, on est suspects. SUSPECTS ! pour une putain d’histoire de braquage de camion !
Ils vont voir ce qu’ils vont voir.
Traitez-moi comme un criminel, je finirais par en devenir un.
 
HOCKNEY
Tu ES un criminel. Mais tu sais que t’es mignon quand t’es en colère ?
 
FENSTER
M’emmerde pas. J’essaie de faire le point.
 
KEATON, énervé
Alors fais le en silence, bon dieu ! vous me fatiguez tous autant que vous êtes.
 
Mc Manus regarde Keaton. Il l’observe un moment, puis :
 
MC MANUS
J’avais entendu dire que t’avais cassé ta pipe, Keaton.
 
KEATON
T’avais bien entendu.
 
HOCKNEY
Ce que j’ai entendu moi, c’est que l’ancien Keaton n’existe plus, maintenant c’est le sieur Keaton , qui s’est acheté une conduite : grande baraque et tout…et qu’il se tape Eddie Fineran.
 
MC MANUS
Qui ?
 
HOCKNEY
Attends, tu connais pas  maître Fineran ? C’est une pointure ! une avocate brillante spécialisée dans la défense des criminels en tout genre…très classe. Un beau cul…enfin pour ceux qui aiment les gonzesses.
Il lui fallait bien ça pour devenir un autre homme…( à Keaton) pas vrai ?
 
MC MANUS
Ben dis donc, c’est quoi ça Keaton ? toi, le toutou d’une avocate ?
 tu lui donnes quoi comme honoraires ? (il accompagne cette parole d’un geste obscène, la main entre les jambes)
 
Keaton lui lance un regard assassin.
 
FENSTER
Je dirais que t’as comme qui dirait touché un point sensible, Mc Manus.
 
KEATON
Rends service à ton pote, Fenster, dis lui de la fermer.
 
MC MANUS
T’es clean, Keaton ? dis moi que c’est pas vrai! Allons , c’était pas toi pour le camion ?
 
FENSTER
Oublie le. C’est pas important. J’essaie de faire le point.
 
KEATON
Toute cette histoire est une mascarade., un piège.
 
MC MANUS
Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
 
KEATON
Combien de fois dans ta vie t’as été pris pour une identification ?
Il y a toujours toi…et 4 pauvres types innocents, des SDF la plupart du temps. Les flics les paient dix dollars par tête,  et ils font les 4 autres.
Jamais, JAMAIS on n’a vu 5 gars fichés avec un passé comme le nôtre derrière la même ligne. Et n’importe quel avocat commis d’office, même le plus débile nous aurait déjà fait sortir de là.
 
FENSTER
Alors pourquoi on est toujours là ?
 
KEATON
Parce que c’était les fédéraux.
Un camion chargé d’armes à feu a disparu, la population s’inquiète.
Ils veulent montrer qu’ils ont la situation en main. C’est politique .Juste politique. Ca n’a rien à voir avec toi.
 
FENSTER
Juste politique ! c’est pour ça que j’avais les doigts d’un mec dans le fion cette nuit !
 une fouille au corps pour un truc juste politique, mon cul ouais !
Allez va te faire foutre Keaton.
Qui a braqué ce camion ?
 
KEATON
Franchement je m’en tape.
 
MC MANUS
On t’a rien demandé, toi le travailleur.
 
HOCKNEY
Qui que ce soit, qu’il aille se faire foutre. Et c’est qui le débile dans le coin ?
 
Tous les regards se tournent vers Verbal prostré dans le coin . Il a écouté toute la conversation jusqu’ici tranquillement sans ouvrir la bouche.
 
KEATON
Il est clean. C’est pas lui. Foutez-lui la paix.
 
HOCKNEY
Ah ouais ? comment je peux savoir si c’est vrai ? alors mec, t’es qui ? c’est quoi ton histoire ?
 
KEATON
Il s’appelle Verbal Kint. Je pensais que vous le connaissiez tous.
 
MC MANUS
Verbal ?
 
VERBAL
En réalité c’est Roger. Mais les gens trouvent que je parle trop.
 
HOCKNEY, ironique
J’allais justement te dire de la fermer.
 
KEATON
On s’est rencontrés une fois ou deux. La dernière fois …
 
VERBAL
J’avais été pris pour fraude. J’avais pris quatre vingt dix jours.
 
HOCKNEY, s’avançant vers lui, menaçant
Alors c’est toi qui l’as fait ? pour le camion ? ouais je suis sûr que c’est toi ! fils de pute.
 
Verbal semble chercher à répondre violemment à Fenster mais rien ne sort.
Les autres commencent à rire lentement.
Hockney le défie du regard.
 
KEATON , à Hockney
Fous lui la paix.
 
Verbal sourit à Keaton, reconnaissant.
 
Mc Manus se lève et se dirige vers les toilettes dans un coin de la cellule.
Il commence à uriner.
 
MC MANUS
Bien, puisque nous sommes tous hors du coup , je suggère que nous retrouvions un semblant de dignité.
Fenster et moi, on aurait un job à vous proposer…
 
KEATON
Mais tu peux pas te calmer un peu ? T’as jamais envie de décrocher ?
 
HOCKNEY
Pourquoi tu fais attention à ce qu’il dit ?
 
MC MANUS
Okay, okay…je disais juste ça comme ça.
Bon  Hockney n’a pas l’air de vouloir m’écouter…je sais que Fenster est avec moi…( il s’adresse à Verbal) et toi, mec ?
 
Il termine d’uriner.
 
VERBAL, heureux qu’on s’intéresse un peu à lui
Ça peut m’intéresser…
 
MC MANUS
Bon, 3 contre 2, c’est démocratique.
Je vais donc exercer mon droit d’assemblée.
 
Il tape solennellement contre le mur.
Les autres, sauf Keaton, se mettent à rire.
 
KEATON
Je ne plaisante pas. Ferme-là.
 
Mc MANUS
Tu rates quelque chose.
 
KEATON
Non, TU rates quelque chose. Ferme-la. Je n’ai pas la moindre envie d’entendre ce que tu as à dire. Je ne veux rien savoir à propos de ce « job ». Je ne veux rien entendre de toi. Je ne veux rien avoir à faire avec vous, et , je vous demande pardon, mais vous pouvez tous aller en enfer.
 
MC MANUS
Dean Keaton, sur la voie de la raison…mais où va  le monde ?
 
Mc Manus et Keaton se dévisagent un long moment.
Une sorte de tension flotte dans l’air. Finalement, Mc Manus se tourne vers les autres.
 
MC MANUS
Oubliez-le.
( chuchotant) Pour l’instant, je  peux pas vous parler des détails, mais écoutez déjà ça…on va pouvoir rigoler un peu…
 
Tous sauf Keaton entourent Mc Manus et l’écoutent.
Noir.
 
 

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01-09-2006

ACTE I SCENE III

***
 

Scène 3


Partie  I
Identification
 
Noir.
La lumière se fait et on voit Mc Manus, Fenster, Verbal, Keaton et Hockney debout, ils attendent quelque chose. Chacun porte une pancarte avec un numéro et une feuille de papier.
 
UNE VOIX
Bon, ok, les gars, vous êtes pas des débutants, hein, vous connaissez tous les règles. Vous vous mettez bien face à la ligne, vous bougez plus. A l’appel de votre numéro, vous avancez d’un pas et vous dites la phrase. Compris ?
 
ils hochent tous la tête, plus ou moins coopératifs.
 
UNE VOIX
Numéro 1. Avancez d’un pas.
 
Hockney s’avance et regarde droit devant lui.
 
HOCKNEY d’une voix plate et morne.
Donne-moi-les-clefs-espèce-d’enculé.
 
UNE VOIX
OK. Reprenez votre place.
Numéro 2. Avancez d’un pas.
 
Mc Manus s’avance d’un pas, mimant le fait de pointer une arme droit devant lui, il imite l’attitude et le ton d’un dangereux hystérique sanguinaire-visiblement, ça l’amuse beaucoup.
 
MCMANUS hurlant
Donne-moi les putains de clefs, espèce de putain de saloperie d’enculé, ou j’ te bute !
 
UNE VOIX
Oh là, ça va, on se calme, retourne derrière la ligne.
Numéro 3. avancez d’un pas.
 
Keaton avance, l’air fataliste.
 
KEATON
Donne moi les clefs , espèce d’enculé.
 
UNE VOIX
OK, reculez d’un pas, numéro 4 , avancez …
 
Fenster avance, l’air « cool ».
 
FENSTER en prenant un accent sud américain
Donne –moi les clefs espèce d’enculé !
 
UNE VOIX, soupirant
Bon, numéro 5, à vous…
 
Verbal avance en claudicant.
 
VERBAL
Donne –moi les clefs, espèce d’enculé.
 
Noir.
 
VOIX DE  VERBAL, dans le Noir :
C’était des foutaises, tout ça.
Toute cette histoire n’était qu’une mise en scène.
Tout est la faute des flics. Vous mettez pas cinq gaillards comme nous ensemble…qui sait ce qui peut arriver ?
 
Partie II
Interrogatoire
 
Noir
Projecteurs  sur Mc Manus , assis sur une chaise, devant lui une simple table.
Mc Manus sourit à quelqu’un qu’on ne voit pas, on devine que c’est un flic.
 
MC MANUS
Ca doit être sacrément embarrassant pour vous les gars, hein ?
Je veux dire, vous SAVEZ et JE SAIS que tout ça n’est qu’un tas de conneries.
 
Il baisse la tête.
 
MC MANUS
Au moins j’ai pas eu droit à la fouille au corps …pourtant je suis sûr que ça t’aurait plu, hein, abruti.
De me l’enfoncer jusqu’au trognon.
(il s’impatiente)
Allez, vous avez rien contre moi, les gars…vous espérez juste que je vais vous donner
 un tout petit quelque chose pour justifier tout ce cirque.
 
LA VOIX DU  FLIC
Où as-tu planqué le camion ?
 
MC MANUS
Quel camion ?
 
LA VOIX DU FLIC
Le camion avec les armes, enfoiré.
 
MC MANUS
Vous savez que vous m’amusez beaucoup ?
Allez , je veux appeler quelqu’un.
 
LA VOIX DU FLIC
Tu peux aller te faire mettre.
 
MC MANUS, tout doucement
Connard.
 
 
 
LA VOIX DU FLIC
Tu veux savoir ce que ton pote FENSTER nous a raconté ?
 
MC MANUS
J’ai l’air aussi stupide que ça ?
Putain, arrêtez vos tactiques à la mords moi le nœud.
 
LA VOIX DU FLIC
Ca va comme ça , Mc Manus.
OU EST CE FOUTU CAMION ???
 
Noir .
 
La lumière se fait sur Fenster, dans la même position que Mc Manus précédemment ,à l’autre bout de la scène. Lui aussi est face à un flic qu’on ne voit pas mais qu’on entend.
 
FENSTER
J’exige de parler à mon avocat. Je ne sais rien à propos d’aucun camion.
J’étais dans le Connecticut toute la nuit de vendredi.
 
LA VOIX DU FLIC
Ce n’est pas ce que nous a dit Mc Manus.
 
FENSTER, avec provocation
Qui ?
 
LA VOIX DU FLIC
Mc Manus. Il nous a raconté une toute autre histoire…
 
FENSTER
Ah.. est-ce que c’était l’histoire de la pute? je jure, je savais pas que c’était une pute.
Elle avait pas parlé d’argent, alors moi j’ai cru que je lui avais plu, vous voyez le truc ? désolé. Je le ferai plus. Croix de bois, crois de fer…

LA VOIX DE FLIC
Il nous a parlé du camion.
 
FENSTER
Pour être tout à fait honnête, ça ressemblait plutôt à un mobile home. Et ouais, les putes ça peut se faire du fric ! c’était assez confortable, pour une passe, finalement. Elle s’était fait pas mal de tunes, la salope.
 
LA VOIX DU FLIC
Qui a récupéré les armes ?
 
FENSTER feignant la surprise
Eh, les gars, j’ai comme l’impression qu’on est pas sur la même longueur d’ondes.
Z’êtes sûr qu’on parle bien de la même chose ?
 
LA VOIX DU FLIC
Je suis en train de perdre patience.
 

FENSTER
Vous n’avez rien contre moi.
Vous avez aucun motif de me garder ici.
Quelles sont les charges ?
 
LA VOIX DU FLIC
Tu es un escroc notoire. Tu transpires comme si t’étais un putain d’enfoiré de ta mère de coupable !
Voilà mes charges contre toi. Ca me suffit largement.
Alors fais-nous gagner du temps : dis nous où est le camion

Noir.


Lumière sur Hockney, interrogé à son tour dans la même situation que les deux précédents.
 
HOCKNEY
 
Où est mon avocat ?
Je te ferai bouffer ton insigne, crétin.
Je vous connais, les flics. Tu crois pas que je sais que t’as rien à te mettre sous la dent ?
 que t’es pratiquement sur la touche ?
Ça pue, tout ça. Tu tiens pas debout, espèce de clown.
 
LA VOIX DU FLIC
Nous aussi on te connaît. Spécialiste des explosifs…un petit dur des rues.
Je peux prouver que t’étais dans le Queens le jour du braquage.
 
HOCKNEY
 
J’y HABITE, dans le Queens, bordel.
C’est quoi ce putain de bordel ? vous vous pointez dans mon magasin et vous me coffrez devant mes clients, très classe, bravo, z’êtes des vrais héros, les mecs.
C’est quoi, vos chefs d’inculpation ?
 
LA VOIX DU FLIC
Tu sais ce qui va se passer si tu fais un autre petit séjour en taule ?
 
HOCKNEY avec délectation
Ben j’enculerai ton père sous la douche.
Allez, inculpe-moi, tête de bite.
 
Noir.
 
Lumière, c’est le tour de Keaton.
 
LA VOIX DU FLIC
Je te lirai les chefs d’inculpation quand je serai prêt.
 
KEATON
AH OUAIS ?
Et avec quoi tu vas m’inculper ?
 
LA VOIX DU FLIC
Alors comme ça tu sais rien… tu as l’air plutôt bien portant pour un mort.
 
KEATON
C’est votre erreur, pas la mienne.
Vous m’avez cru mort, il suffisait de chercher un peu :
regarde, j’ai la même tête, le même nom , … aujourd’hui je suis un homme d’affaires, mec.
 
LA VOIX DU FLIC
Qu’est-ce que c’est ? un business dans la restauration ? ben plus maintenant.
A partir de maintenant t’es plus rien.
Ah si, t’es dans le nôtre de business. Je vais faire de toi quelqu’un de célèbre !
 
Keaton montre juste un air de mépris.
La menace semble avoir fait mouche.
 
KEATON
Comme je l’ai dit, c’est votre erreur, pas la mienne.
Chargez-moi avec cette histoire  à la con, et vous vous en mordrez les doigts.
Qu’est-ce que vous vouliez savoir à propos de ce  camion ?
 
Keaton reçoit un coup , de derrière la tête, on lui cogne celle-ci sur la table. Il se relève, plein de sang.
 
Noir .
 

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27-08-2006

ACTE I SCENE II

ACTE I

Scène 2

 
Rig et Baer sont dans le même bureau.
Rig est debout près d’une armoire, appuyé .
Baer est assis sur sa chaise.
Entre un flic, qui amène un type menotté, à l’allure modeste,  et qui marche difficilement. Il le fait asseoir sur une chaise.
Il lui enlève les menottes et le laisse avec les deux inspecteurs.
 
 

BAER, lisant une fiche

OK. « Verbal » c’est quoi, un surnom ?
 
VERBAL
Oui. Il paraît que je parle énormément. Une vraie diarrhée verbale. C’est pour ça que mes amis n’ont surnommé comme ça.
Mon vrai nom, c’est Roger KINT.
 
BAER
Bon, Roger, Verbal, peut importe, tu sais que je veux t’aider.
 
VERBAL
Sûr. Et j’apprécie votre aide. Et je veux vous aider, Agent Baer. J’aime bien les flics. J’aurais aimé être flic moi-même, mais j’ai pas pu…mon accident cérébral…

 BAER l’interrompt

Verbal, je sais que tu sais quelque chose. Je sais que tu ne nous dis pas tout.

 
VERBAL très calme
J’ai dit tout ce que je savais au district attorney.
 
BAER
Je sais que t’aimais bien Keaton, et je sais que tu penses que c’était un type bien.
 
VERBAL
C’était un type bien

BAER
C’était un flic corrompu, Verbal. Tu le sais ça au moins. Tu connais son passé.
 
VERBAL
Oui, c’est vrai , peut-être il y a quinze ans, mais il s’était rangé…
 
BAER
Keaton était pourri de l’intérieur, une vraie merde. Il est impossible qu’il se soit rangé ;( ce dernier mot est ironique)
 
VERBAL
Essaieriez-vous de me tirer les vers du nez, agent Baer ? je veux bien vous aider mais…
 
BAER
Je veux juste entendre ton histoire.
 
Un silence.
Baer et Verbal se défient du regard.
 
VERBAL
C’est d’accord..
Baer prend un dossier  que lui tend Rig.
 
 
BAER
D’après ton dossier, tu es un petit escroc…qui mange à tous les râteliers.
 
VERBAL
Attention, Agent Baer…tout ce qui est là est inattaquable…
 
BAER
Oh, je sais. Ton immunité totale. Le gentil petit deal que t’as passé avec le DA.
 
VERBAL souriant franchement
Bah, j’ai quand même le délit de port d’armes…
 
RIG
Tu connais un dealer appelé Ruby Deamer, Verbal ?
 
VERBAL du tac au tac
Tu connais un religieux appelé Jean-Paul ?
 
BAER
Tu sais que Ruby est inculpé ?
 
VERBAL
Il n’avait pas mon avocat.
 
BAER
Que dirais –tu si Ruby  apprenait que t’as refilé son nom au DA, Verbal ?
 
 
VERBAL
Il n’y avait rien concernant Ruby là-dedans.
 
Un silence. Ils se toisent.
Rig sort de la pièce.
 
BAER
Tu sais la première chose que j’ai apprise dans ce job, Verbal ? comment repérer un meurtrier. On arrête trois gars pour le même meurtre. On les met dans la même cellule pendant une nuit. Au petit matin, celui qui dort c’est le coupable. Si t’es coupable, tu sais que t’es pris, t’as plus à t’en faire, tu baisses ta garde, tu me suis ?
 
VERBAL
Non.
 
BAER
Tout ça pour te dire que les coupables je les renifle, je les devine, je les lâche pas.
Je vais te dire un truc : je suis plus malin que toi. Je saurai ce que je veux savoir, que ça te plaise ou non.
 
Rig revient avec du café qu’il pose devant Verbal. Celui-ci prend la tasse et sirote avec délectation.
 
VERBAL
Aaahh…je me souviens, quand je cueillais des haricots au Guatemala on avait l’habitude de boire du café frais, je veux dire, tout juste cueilli de l’arbre ! c’était divin. Celui-ci c’est de la merde, mais…
 
BAER agacé
Est-ce qu’on peut reprendre ?
 
 
RIG, d’un ton amical
Raconte-nous Verbal.
Quand toute cette histoire a commencé ?
 
Verbal attend , les regarde tous les deux, puis , les yeux dans le vague :
 
VERBAL
C’était il y a six semaines, à New York. Un camion plein d’armes en pièces détachées s’est fait braquer dans le Queens. Le chauffeur n’a vu personne, mais ça a foiré : il a entendu une voix. Parfois, on a juste besoin de ça…
Donc on a été arrêtés tous les cinq.
Ils ont commencé par Mc Manus, qui dormait tout tranquille dans son appart complètement défoncé..il était tellement dans le coltard quand ils sont venus le chercher qu’il leur a demandé un café.
Après ils sont allés cueillir Todd Hockney, il bossait dans un garage sur une vieille Ford. Ces connards de flics, ils étaient six pour le choper, vous rendez compte, six contre un ! ils lui ont pointé leur flingue tous les six sur la tête, alors qu’il avait encore les mains dans le cambouis…(il rit) il leur a dit , comme ça , enfin il m’a raconté «  eh, c’est pas une armurerie ici ! je fais pas ce genre de réparation ! »
Ah, et Fenster…ils l’ont eu dans la rue. Plaqué contre la bagnole. Et puis…
C’a été le tour de Keaton.
 
(une pause).
Il boit un peu de café.
 
VERBAL
Keaton m’a dit que ce jour-là, c’était le rancard le plus important, le plus décisif de toute sa carrière. De sa nouvelle vie. Je crois pas qu’il aurait pu leur pardonner ce qu’ils lui ont fait.
Il étaient super sapés, lui et Edie. Ils avaient misé gros sur ce coup-là.
 
RIG
Edie Fineran ? l’avocate ?
 
VERBAL
Oui. Qui d’autre ? Cette manie de vous faire confirmer ce que vous savez…
Ils avaient rendez-vous avec des français, des investisseurs potentiels sur leur concept de resto. Et ouais… Keaton s’était reconverti dans la restauration. Il avait ouvert un resto sur la 5ème.Le genre de resto qui …(il cherche à imiter quelqu’un) «  dont l’ambiance change avec la nourriture, où le style n’est pas écrit sur les murs ».Bon, c’est un peu spécial, vous voyez ?
 
Rig et Baer échangent des regards intrigués et sceptiques.
 
VERBAL
Enfin bref, ils avaient eu un mal de chien à les convaincre de venir voir par eux mêmes, et Keaton avait besoin d’eux, ils étaient bien partis. Ils discutaient des prix…et voilà qu’en plein milieu ces connards du FBI déboulent et foutent tout en l’air.
Bien sûr, il s’est excusé, Keaton, en plein rendez-vous, d’être dérangé par la police, le FBI même, mais vous imaginez ce que ça leur a fait à ces frenchies ?
En une seconde, ils l’ont …pulvérisé.
 
Voilà comment on s’est retrouvé tous les cinq pour l’identification.
Etrange , non ? ces types là étaient tous des pointures, des cracks et moi j’étais là avec eux. Un infirme, un type considéré comme un débile…oh je sais ce que les gens pensent de moi. Vous savez….depuis que je suis tout gamin, on me prend pour l’idiot du village, le simplet.
Non, là, Y avait quelque chose qui clochait.
 J’avais pas vraiment peur, parce que j’avais rien fait…
En fait, en y repensant , c’était même assez marrant…

(Verbal semble se plonger dans ses pensées)

Noir.

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26-08-2006

SUSPECTS : ACTE I SCENE I


ACTE I

 
Scène 1
 
Les Inspecteurs Rig et Baer parlent dans un bureau.
 
Baer, le supérieur, est un homme tendu, nerveux. Il  est assis sur une chaise derrière son bureau et pianote sans cesse des doigts sur le plateau., Rig lui fait face, debout. C’est un calme, mais il semble fatigué. Il tient un dossier qu’il consulte de temps à un autre.
 
 
BAER
Combien de cadavres au total ?
 
RIG
27…pour l’instant. On est encore en train de remonter des corps de la flotte.
 
BAER
Bon sang…( il se frotte les yeux) Des survivants ?
 
 
RIG
2…Il y a un type au County, mais il est dans le coma.
Mais le district attorney a appréhendé un autre type, un infirme de New York, je crois…
 
BAER, intéressé
Il sait quelque chose, ce type ?
 
RIG
J’aimerais bien le savoir …
Il offre de témoigner contre une totale immunité.
Apparemment ce gars a des potes haut placés…et un bon avocat.
 
(Baer fait un geste agacé)
 
BAER
Je m’en branle !
Faites-moi venir ce type.
Y a une trentaine de macchabées dans le port, peut-être plus, allez savoir ! on n’est pas couchés , c’ est moi qui vous le dis. La presse va pas nous rater, vu l’ampleur du carnage. Ce genre de catastrophe dans le port, ça ne s’est jamais vu.
Alors ce type peut avoir tous les potes qu’il veut, ça me fait ni chaud ni froid.
Et j’aimerais bien savoir quel grand ponte de la ville pourrait avoir envie de couvrir un tel merdier.
 
RIG, avec un geste d’impuissance
C’est à prendre ou à laisser : son témoignage contre l’immunité.
C’est que son avocat a négocié et le DA a accepté. J’ai pris la liberté de contacter cet avocat il y a quelques minutes. Il attend mon coup de fil …
 
 
BAER, le coupe, furieux
 
Qu’est-ce que c’est que cette connerie ?!? le DA a accepté ? il sait combien nous avons  de cadavres sur les bras ?
 
RIG  (avec un geste d’impuissance)
Ce type est protégé. Par qui, j’en sais foutre rien. Des appuis politiques. J’ai croisé le maire et le gouverneur là-bas.
Alors, vous le voulez ou pas son témoignage ?
 
Baer acquiesce, agacé et rageur.
Rig prend son téléphone, compose un numéro.
 
 
RIG
C’est d’accord.
 
(il met l’ampli)
 
UNE VOIX
Nous sommes bien d’accord, Messieurs. Que ce soit bien clair : Toutes les charges : vol, incendie, meurtre …font l’objet d’une totale immunité. Je  serais vraiment très impressionné que l’on puisse apporter la preuve qu’un pauvre infirme, partiellement paralysé, puisse être le seul coupable de 27 meurtres simultanés. Monsieur Kint plaidera en revanche coupable de possession d’armes.
Il doit être libéré, quoi qu’il arrive, dans deux heures maximum.
 
 
BAER, interloqué
Détention illégale d’armes ? Vous plaisantez.
 
LA VOIX
Pas du tout, cher Monsieur. C’est à prendre ou à laisser.
 
RIG
Armes.
(il rit en secouant la tête)
délit numéro 1.
 
BAER, à part,  en colère, énervé
Ce mec se fout de nous.
Détention illégale d’armes à feu…c’est ridicule.
 
Rig interroge Baer de la tête. Il forme avec les lèvres la phrase « alors, on fait quoi ? ».
Celui-ci finit par acquiescer, visiblement de mauvaise grâce.
 
RIG
OK. Faites-le amener.
 
LA VOIX
Attendez, ce n’est pas tout. L’enregistrement – si vous procédez à un enregistrement, bien entendu- de son témoignage restera secret sous scellés. Toute utilisation contre lui d’une information issue de ce témoignage sera juridiquement impossible
(il raccroche).
 
BAER
Deux heures !
 
 
RIG
C’est tout ce qu’on a. Il sera là dans…(il consulte sa montre) 20 mn.
 
BAER
Bon, vu le peu de temps qu’on va avoir, faudra être efficace.
Primo : Je veux savoir pourquoi 27 personnes sont mortes la nuit dernière.
Deuxio : Et surtout, je veux être CERTAIN  que Keaton est mort.
 
 
 
RIG
Il l’est. Quoi qu’il soit arrivé à Keaton, personne n’aurait pu sortir de ce bateau vivant. Croyez-moi, j’ai vu ce qui est arrivé à ce rafiot. C’est plus qu’un immense cercueil fumant sur l’eau. Ca pue la chair cramée à deux kilomètres à la ronde.
 
Arrive un autre policier, l’air visiblement éprouvé.
 
POLICIER
Je reviens de l’hosto. C’est pas beau à voir, ce qui reste de ce type.
 
BAER
Alors ?
 
POLICIER
Ben alors, il est sorti du coma, mais il parle pas français. Du Hongrois. Il a fallu trouver un interprète, vu que personne…
 
BAER ( l’interrompt, agacé)
Abrège.
 
 
POLICIER
Il a des brûlures sur tout le corps. Troisième degré. Il a pas beaucoup de chances de s’en tirer.
Mais…on a pu le faire parler un peu.
Il est terrorisé.
 
BAER
Qu’est-ce qu’il a dit ? on peut en tirer quelque chose ?
 
POLICIER
Attendez, vous allez voir…
(il sort un calepin de sa poche et lit :)
 
POLICIER
«  etes-vous la police ? J’ai besoin de la police. Il va me trouver, ici ! Il va me tuer. J’ai besoin de la police, je leur dirai tout ce qu’il veulent savoir. S’il vous plaît il va me tuer… »
 
BAER
Mais de qui parle-t-il ?
 
POLICIER  (sans lui répondre)
«  trouvez quelqu’un qui puisse me comprendre ! Vous êtes stupides, vous ne comprenez rien, je vais être tué, vous allez tous être tués aussi. Aidez-moi moi, mon Dieu ! trouvez quelqu’un qui me comprend, ou alors…nous allons tous mourir.
Il est le Diable. Vous n’avez jamais rien vu ni personne comme Keyser Söze dans votre misérable vie. Comprendrez vous à la fin ? Le Diable en personne. Ou alors les flics américains sont tellement stupides qu’ils n’en n’ont jamais entendu parler ! Keyser Söze. »
Voilà.
Il a répété ce nom là plusieurs fois, il hurlait , il avait l’air terrifié.
 
On a sécurisé l’hopital au cas où. J’ai fait poster plusieurs gardes.
C’est qui , ce Keyser Soze ?
 
Ils se regardent tous, interloqués.

Noir.

 

 

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26-08-2006

LA SUITE ?

Pour ceux qui ont pu découvrir le début, la suite arrive…elle sera en ligne aujourd’hui.

J’attends vos commentaires avec impatience et vous pouvez faire bien sûr des suggestions, même si tout est déjà écrit !

Et si vous connaissez une troupe amateur qui aurait envie de la jouer, ne vous gênez pas pour lui donner cette adresse !

Chris

 

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25-08-2006

SUSPECTS : PROLOGUE

PROLOGUE

Un pont de bateau, la nuit.
On entend le clapotis de l’eau contre les flancs et des sirènes ( nous sommes dans un port).
Keaton est à demi assis par terre, presque allongé, il semble blessé aux jambes, il est livide, en sueur.
 
Keaton tire un paquet de cigarettes de sa poche et en allume une avec peine. Il a un  petit rire sans joie.
 
Des pas. Un homme arrive ( on ne voit que son dos : grand, un long manteau noir, un chapeau) et se plante devant Keaton.
 
Keaton lève les yeux lentement vers lui, à grand peine. Il essaie de se relever mais grimace de douleur et retombe lourdement. Sur son visage , se lisent la surprise, puis la colère, puis…la résignation.
 
L’HOMME , d’un ton très doux
Comment ça va, Keaton ?
 
KEATON
Je dirais que …ma colonne vertébrale est en miettes…Keyser.
(il prononce ce prénom avec dégoût)
 
L’homme sort un revolver de sa poche.
 
KEYSER SOZE
Tu es prêt ?
(il arme le revolver)
 
KEATON
Quelle heure est-il ?
( il grimace, et tourne la tête. Il prend une bouffée)
 
KEYSER SOZE
Minuit et demie.
(il tend le bras qui porte l’arme. Il attend que Keaton ait terminé de fumer et presse la détente , deux fois)
 
Le corps de Keaton retombe lourdement.
 
Keyser Söze le regarde un moment. Puis il sort une cigarette et l’allume…il jette ensuite son briquet vers un fut d’essence au fond du décor, et tout s’embrase.
Explosions, Incendie.
 
Keyser Söze sort , lentement, toujours dos à la scène.
Des hurlements, des coups de feu, des flammes.
Puis le silence.
 
Noir.

 

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25-08-2006

BIENVENUE !

Connaissez-vous le film ” USUAL SUSPECTS” ?

Un chef d’oeuvre , non?

Si vous n’êtes pas d’accord…passez votre chemin, vous risquez de perdre votre temps.

Mais si vous opinez, alors laissez-vous tenter par ce qui va suivre.

Vous êtes-vous demandé ce que cette histoire donnerait sur une scène de théâtre ?

Je vous propose un feuilleton.

J’ai écrit une pièce d’après le film de Bryan Singer , d’après le scénario de C. Mc Quarrie. Sans aucun but commercial, et sans volonté d’usurper les droits de qui que ce soit.

Juste pour le fun…

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas … je vous laisse aller à la découverte …

 

Chris

 

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