29-09-2006

ACTE III : Je ne crois pas en Dieu…mais j’ai peur du Diable

ACTE III
 
Scène 11
 
 
BAER
Charmante histoire…
Un bien gentil garçon que ce KEYSER…
 
Et… tu y crois , toi, Verbal ?
 
VERBAL, avec un petit rire sans joie
Keaton disait toujours : «  je ne crois pas en Dieu, mais j’ai peur du Diable ». Et bien moi je crois en Dieu, mais la seule chose qui me fasse vraiment peur c’est Keyser Söze . Tu crois que tu le tiens, et puis hop ! d’un coup, il disparaît.
 
BAER
C’était lui dans le port, Verbal ?
 
VERBAL
A votre avis ?
 
BAER
Si c’était lui, il va te chercher.
 
VERBAL
Servez-vous de votre tête , agent Baer. D’où pensez-vous que les pressions viennent ? Keyser Söze – ou qui que ce soit, quel que soit son nom- sait où je suis en ce moment même.
J’aurais un très gros problème quand je sortirai d’ici.
BAER
Dis-nous tout ce que tu sais , Verbal, arrête avec ta putain d’immunité. On peut te protéger.
 
VERBAL, sarcastique
Ouais, merci beaucoup, l’ami.
Merveilleux boulot. Pardonnez-moi si je vous dis d’aller vous faire foutre. Vous pensez que vous pouvez attraper Keyser Söze ? vous pensez qu’un type pareil se laisserait faire ? s’il venait par ici, ce serait pour moi, et je n’en sortirai pas vivant –même avec vous pour me protéger. Et en admettant que vous, vous en sortiez vivant, y a fort à parier que vous n’entendrez plus jamais parler de lui.
 
BAER
Bon,…on peut en revenir à Kobayashi ? que s’est-il passé ensuite ? après l’ « incident » ?
 
VERBAL, soupirant
OK…
On s’est levés le lendemain matin , un peu groggy.
Et là, on s’est aperçu que Fenster était parti. Il ne pouvait pas supporter l’idée de travailler pour Söze. Il avait laissé un mot  nous souhaitant bonne chance et pris sa part de l’argent .
 
 
BAER
Et ensuite ?
 
VERBAL
Mc Manus était furieux. Il a parlé de lui péter la gueule , de lui exploser la cervelle…des conneries. Vous savez, tous les deux , on aurait presque dit un vieux couple…là on aurait cru que Mc Manus venait de se faire plaquer par sa femme…des fois je me demande s’ils éaient pas un peu tantouzes ces deux-là ( il rit tout seul, bêtement, à cette idée) Et puis…on a eu l’appel.
 
BAER
Quel appel ?
 
VERBAL, déglutissant avec peine
Kobayashi. Le coup de fil de cet enflure…qui nous a indiqué où on pouvait retrouver Fenster.
 
BAER
Et où il était celui-là ? il vous avait lâchés… qu’est-ce que vous en aviez à foutre ?
 
VERBAL, après l’avoir longuement et froidement regardé
Fenster était froid depuis six heures, agent Baer . On l’ a trouvé exactement où l’avait dit Kobayashi, criblé de balles à un point que son visage était à peine reconnaissable. J’ai cru que Mc Manus allait chialer. On était sur une petite crique, à l’écart des plages.
 
BAER
Et ensuite ?
 
VERBAL
Mc Manus a voulu qu’on l’enterre.
Keaton voulait qu’on déguerpisse, on avait pas le temps…mais Mc Manus a piqué sa crise. Il a sorti son flingue et a menacé de tous nous buter si on l’aidait pas à enterrer son copain…en plus on n’avait pas de pelle…alors on a creusé avec nos mains.
C’était complètement débile. On l’a enterré dans le sable, à la première averse, les surfeurs sentiraient son cadavre à cent mètres de là…et c’est là qu’on a décidé de pas finir comme Fenster, à servir de petit déj aux crabes pour avoir désobéi à Keyser Söze. On a décidé de se faire  ce fumier de Kobayashi.
Mais encore une fois…rien ne s’est passé comme prévu.
 
Noir.
 

Publié par theatrefeuilleton dans Non classé | RSS 2.0

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