25-09-2006

ACTE II SCENE 9: L’avocat entre en scène !

Scène 9

 
Les 5 malfrats sont dans un sous-sol face à trois cadavres en costume qui gisent par terre.
Une mallette est renversée sur le sol.
 
Keaton tient encore une arme dans la main.
Verbal tremble.
 
HOCKNEY
Putain de merde !
 
MC MANUS
Fais chier.
 
Un bruit se fait entendre, des pas. Quelqu’un vient.
 
KEATON
Faut pas rester là.
 
Il ramasse la mallette qui se renverse et s’ouvre complètement. Elle contient de l’argent et quelques sacs de poudre blanche.
 
KEATON
Oh putain de merde.
 
Quelqu’un s’approche…c’est Redfoot, mais il n’est pas seul.
 
MC MANUS
Qu’est-ce que… ça veut dire quoi ça, Redfoot ?
 
REDFOOT
Désolé les mecs. J’étais pas au courant de ce qui allait se passer. Oh, merde, quelle boucherie…(il semble paniqué).
Le job…c’est un coup qu’on m’a proposé. C’est lui qui me l’a proposé.
 
Il désigne en tremblant  l’homme qui l’accompagne. Celui-ci salue d’un signe de tête les 5 truands.
 
L’ HOMME, se présentant très poliment.
Maître KOBAYASHI.
 
Il regarde les 5 à tour de rôle. Eux restent interloqués.
 
KOBAYASHI
(s’adressant à Keaton) Monsieur Keaton ? Mon employeur m’a chargé de vous transmettre une proposition.
( s’adressant à Hockney) vous devez être Monsieur Hockney …je reconnais là Monsieur Fenster ( se tournant vers Fenster), et ici Monsieur Mc Manus ( s’adressant à celui-ci). Et … je suppose que vous êtes Monsieur Kint ( se tournant enfin vers Verbal).
Merci de vous êtes occupés de ces messieurs ( désignant les cadavres). Mon employeur saura vous montrer sa gratitude. Plus que vous ne sauriez l’imaginer.
 
Les 5 se regardent, un peu choqués.
 
KEATON, sur le ton de la plaisanterie
Et que pouvons nous faire pour vous être agréable ?
 
KOBAYASHI
Mon employeur a besoin de vos services. Un travail. Une journée de travail. C’est très dangereux. Je ne garantis pas que vous en sortiez tous vivants. Mais ceux qui le resteront auront à se partager 91 millions de dollars.
 
KEATON
Qui est votre employeur ?
 
KOBAYASHI
Mon employeur souhaite rester anonyme.
 
KEATON
Pas de ça avec moi. Je bosse pas sans savoir pour qui. Alors, qui est-ce ?
 
KOBAYASHI, soupirant, résigné 
Je travaille pour Keyser Söze.
 
Keaton le regarde avec scepticisme et un peu d’effroi.
Les autres se regardent.
 
KEATON
C’est quoi ce délire.
 
VERBAL
Qui est Keyser Söze ?
 
 
KOBAYASHI, d’un air un peu théâtral
Je suis certain que vous avez entendu bon nombre de rumeurs , mythes et légendes à propos de Monsieur Söze. Et je puis vous assurer, Messieurs, que la plupart d’entre elles sont réelles. Bien réelles.
 
VERBAL
QUI EST KEYSER SÖZE ?
 
KOBAYASHI
A en juger par le soudain changement d’ambiance, je suis sûr que vos amis peuvent vous l’expliquer, Monsieur Kint. Je suis venu vous faire une offre de la part de Monsieur Söze. Enfin, quand je dis une offre, il s’agirait plutôt … d’un ordre.
 
KEATON ironique
Un ordre ?!
 
Un silence. Kobayashi les regarde lentement tous les 5 à tour de rôle.
 
KOBAYASHI
En 1991, Monsieur Keaton, vous avez détourné un camion à Buffalo. Ce camion était chargé d’acier…de l’acier appartenant à Monsieur Söze et qui était destiné au Pakistan pour y être utilisé dans un réacteur nucléaire. Vous n’aviez aucun moyen de le savoir, puisque l’homme qui transportait  cet acier travaillait pour Monsieur Söze sans le savoir.
( s’adressant ensuite à Fenster)
Messieurs Fenster et Mc Manus ont détourné un avion cargo à l’aéroport de Newark ; l’avion contenait du platine et de l’or, également destiné au Pakistan.
(pointant du doigt Hockney)
il y a deux mois, Monsieur Hockney a volé un camion transportant des armes en pièces détachées dans le Queens.
 
Et oui, Messieurs, l’affaire pour laquelle vous avez tous été  suspects…
 
Tous se tournent vers Hockney. Il sourit timidement.
 
KOBAYASHI
Ces armes étaient destinées à être détruites par l’ Etat. Elles auraient dû être « perdues » et envoyées vers Belfast. Là encore, Mr Söze utilisait du personnel qui ne le connaissait pas.
 
Et nous en venons à Monsieur Kint..
 
Verbal se tait.
 
KOBAYASHI
Il y a neuf mois, un petit employé de messagerie travaillant pour Monsieur Söze , un peu simplet, s’est laissé embarquer dans une escroquerie montée par …un infirme. Sous l’influence de cette personne il a dérobé à mon employeur soixante deux mille dollars.
Voilà.
Il les regarde en mesurant l’effet de ses paroles.
(A tous) Ca nous a pris du temps avant de tous vous retrouver.
Notre intention était de vous approcher juste après votre appréhension à New York. Mais…
 
KEATON, menaçant
C’est vous qui avez organisé l’identification.
 
KOBAYASHI, l’air modeste
Monsieur Söze a passé quelques coups de fils, en effet. Vous ne deviez pas être relâchés avant que je n ’arrive . Il semble que l’avocate de Monsieur Keaton, Maître Fineran, ait été un peu trop…efficace en obtenant sa libération aussi rapidement. Retenir les autres devenait alors trop compliqué.
 
 
KEATON, en désignant Redfoot du menton
Et Redfoot ?
 
 
KOBAYASHI
Redfoot ne savait rien. Mr Söze travaille rarement avec les mêmes personnes très longtemps. Et ils ne savent pratiquement jamais pour qui ils travaillent.
Vous ne pouvez être inquiété si personne ne vous connaît.
 
FENSTER
Alors pourquoi nous dire tout ça ? pourquoi nous ? vous voulez nous buter, hein, c’est çà ! une fois qu’on vous aura fait le boulot, hop ! pourquoi ?
 
KOBAYASHI
Parce que tous, un jour, vous avez volé Mr Söze. Savez-vous ce que cela signifie pour la plupart des gens qui le connaissent ?
Le fait que vous ne sachiez pas qui vous aviez volé explique que vous soyez toujours en vie, mais vous lui devez réparation. Vous allez avoir l’occasion de payer votre dette.
 
HOCKNEY
Putain, qui c’est ce mec ? comment on peut savoir s’il bosse vraiment pour Söze ! Comment on peut savoir si tout ça n’est pas une grosse connerie ?
 
KOBAYASHI
Je ne pense pas que vous soyez en mesure de vous permettre ce genre de  remarque, Monsieur Hockney. Vous êtes tous les cinq responsable de la mort de Saul Berg et de ses deux gardes du corps. Monsieur Redfoot peut témoigner de vos agissements, et nous pouvons faire en sorte qu’il le fasse (il regarde celui-ci qui n’en mène pas large). Il ne vous servira pas d’alibi…ou alors ce sera à ses risques et périls. Mais je ne pense pas qu’il s’expose à des représailles de la part de Monsieur Söze. N’est-ce pas, Monsieur Redfoot ?
 
Celui-ci acquiesce en silence.
 
MC MANUS, se prenant la tête entre les mains
Quel merdier.
 
KOBAYASHI, joignant ses deux paumes comme pour résumer
Bien, l’offre est la suivante, Messieurs.
Les affaires de Mr Söze , ce sont surtout les narcotiques. Il est en concurrence depuis plusieurs années avec un groupe d’argentins. Mais il leur a fallu du temps pour parvenir au niveau de Monsieur Söze..du temps et de l’argent. Défier Mr Söze leur a coûté beaucoup.
Ces argentins négocient une  vente de cocaïne à 91 millions dans trois jours. Il n’est pas besoin de spécifier que cette vente, si elle se fait, leur permettra de se refaire une santé financière , donc de se redresser  sensiblement…et de gêner mon employeur dans ses affaires.
Monsieur Söze veut que vous empêchiez cette transaction. Si vous le souhaitez vous pouvez attendre la fin de la vente jusqu’à ce que l’argent ait changé de mains. La transaction doit avoir lieu dans un cargo dans le Port de San Pedro. Monsieur Söze veut que vous montiez à bord et que vous détruisiez la cocaïne qui s’y trouve. Vous pourrez même vous partager les 91 millions.
Alors vous serez libres de toute obligation envers Monsieur Söze.
 
Keaton arme son pistolet et s’avance lentement vers lui. Il semble prêt à lui arracher les yeux.
 
KEATON
Donne – moi juste une raison de ne pas te tuer immédiatement.
 
KOBAYASHI sourit et pose son attaché – case devant lui sur le capot d’une voiture.
 
KOBAYASHI, désignant le cartable
Un cadeau pour vous de la part de Monsieur Söze, Messieurs.
 
Il sort.
 
Keaton regarde à l’intérieur de la mallette et en sort 5 enveloppes marquées chacune du nom d’un des protagonistes .
Il tend à chacun son enveloppe. Il ouvre la sienne et en sort des  photos, des papiers…
 
KEATON
Oh bordel. Ouvrez-les.
 
Chacun ouvre fébrilement son enveloppe et en sort également des photos et papiers divers.
 
HOCKNEY
Il savent tout.
 
MC MANUS
Y a toute ma vie là-dedans. Tout, absolument tout ce que j’ai fait depuis que j’ai dix huit ans.
 
FENSTER
Tous ceux avec qui j’ai bossé. Tout ceux avec qui j’étais en taule.
 
MC MANUS d’un air de dégoût
Toutes les nanas que j’ai sautées !
Même les plus gros boudins.
 
HOCKNEY
Ils savent vraiment tout ces enfoirés.
 
KEATON
C’est pas juste. Merde, j’ai payé déjà pour tout çà.
 
FENSTER, rêveur
Je ne sais pas…Qui était ce gars qui nous a parlé de Söze à New York ?
 
MC MANUS
Bricks …Marlin?
 
FENSTER
Ouais. Il disait qu’il avait bossé pour lui, toujours payé 5 fois plus que d’habitude.
 
KEATON
Allez, tirons nous. Ce gars n’existe pas. Kobayashi s’en sert pour nous foutre la trouille.
 
FENSTER
Ah je sais pas… C’est pas bon tout ça.
 
HOCKNEY
C’est des foutaises ! je pense que c’est un coup monté.
 
FENSTER
D’après ce que j’ai entendu, Söze est une sorte de boucher. Un type sans pitié…on ferait bien de réfléchir.
 
KEATON
Allez, on se casse.
 
Noir.
 

Publié par theatrefeuilleton dans Non classé | RSS 2.0

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