01-09-2006

ACTE I SCENE III

***
 

Scène 3


Partie  I
Identification
 
Noir.
La lumière se fait et on voit Mc Manus, Fenster, Verbal, Keaton et Hockney debout, ils attendent quelque chose. Chacun porte une pancarte avec un numéro et une feuille de papier.
 
UNE VOIX
Bon, ok, les gars, vous êtes pas des débutants, hein, vous connaissez tous les règles. Vous vous mettez bien face à la ligne, vous bougez plus. A l’appel de votre numéro, vous avancez d’un pas et vous dites la phrase. Compris ?
 
ils hochent tous la tête, plus ou moins coopératifs.
 
UNE VOIX
Numéro 1. Avancez d’un pas.
 
Hockney s’avance et regarde droit devant lui.
 
HOCKNEY d’une voix plate et morne.
Donne-moi-les-clefs-espèce-d’enculé.
 
UNE VOIX
OK. Reprenez votre place.
Numéro 2. Avancez d’un pas.
 
Mc Manus s’avance d’un pas, mimant le fait de pointer une arme droit devant lui, il imite l’attitude et le ton d’un dangereux hystérique sanguinaire-visiblement, ça l’amuse beaucoup.
 
MCMANUS hurlant
Donne-moi les putains de clefs, espèce de putain de saloperie d’enculé, ou j’ te bute !
 
UNE VOIX
Oh là, ça va, on se calme, retourne derrière la ligne.
Numéro 3. avancez d’un pas.
 
Keaton avance, l’air fataliste.
 
KEATON
Donne moi les clefs , espèce d’enculé.
 
UNE VOIX
OK, reculez d’un pas, numéro 4 , avancez …
 
Fenster avance, l’air « cool ».
 
FENSTER en prenant un accent sud américain
Donne –moi les clefs espèce d’enculé !
 
UNE VOIX, soupirant
Bon, numéro 5, à vous…
 
Verbal avance en claudicant.
 
VERBAL
Donne –moi les clefs, espèce d’enculé.
 
Noir.
 
VOIX DE  VERBAL, dans le Noir :
C’était des foutaises, tout ça.
Toute cette histoire n’était qu’une mise en scène.
Tout est la faute des flics. Vous mettez pas cinq gaillards comme nous ensemble…qui sait ce qui peut arriver ?
 
Partie II
Interrogatoire
 
Noir
Projecteurs  sur Mc Manus , assis sur une chaise, devant lui une simple table.
Mc Manus sourit à quelqu’un qu’on ne voit pas, on devine que c’est un flic.
 
MC MANUS
Ca doit être sacrément embarrassant pour vous les gars, hein ?
Je veux dire, vous SAVEZ et JE SAIS que tout ça n’est qu’un tas de conneries.
 
Il baisse la tête.
 
MC MANUS
Au moins j’ai pas eu droit à la fouille au corps …pourtant je suis sûr que ça t’aurait plu, hein, abruti.
De me l’enfoncer jusqu’au trognon.
(il s’impatiente)
Allez, vous avez rien contre moi, les gars…vous espérez juste que je vais vous donner
 un tout petit quelque chose pour justifier tout ce cirque.
 
LA VOIX DU  FLIC
Où as-tu planqué le camion ?
 
MC MANUS
Quel camion ?
 
LA VOIX DU FLIC
Le camion avec les armes, enfoiré.
 
MC MANUS
Vous savez que vous m’amusez beaucoup ?
Allez , je veux appeler quelqu’un.
 
LA VOIX DU FLIC
Tu peux aller te faire mettre.
 
MC MANUS, tout doucement
Connard.
 
 
 
LA VOIX DU FLIC
Tu veux savoir ce que ton pote FENSTER nous a raconté ?
 
MC MANUS
J’ai l’air aussi stupide que ça ?
Putain, arrêtez vos tactiques à la mords moi le nœud.
 
LA VOIX DU FLIC
Ca va comme ça , Mc Manus.
OU EST CE FOUTU CAMION ???
 
Noir .
 
La lumière se fait sur Fenster, dans la même position que Mc Manus précédemment ,à l’autre bout de la scène. Lui aussi est face à un flic qu’on ne voit pas mais qu’on entend.
 
FENSTER
J’exige de parler à mon avocat. Je ne sais rien à propos d’aucun camion.
J’étais dans le Connecticut toute la nuit de vendredi.
 
LA VOIX DU FLIC
Ce n’est pas ce que nous a dit Mc Manus.
 
FENSTER, avec provocation
Qui ?
 
LA VOIX DU FLIC
Mc Manus. Il nous a raconté une toute autre histoire…
 
FENSTER
Ah.. est-ce que c’était l’histoire de la pute? je jure, je savais pas que c’était une pute.
Elle avait pas parlé d’argent, alors moi j’ai cru que je lui avais plu, vous voyez le truc ? désolé. Je le ferai plus. Croix de bois, crois de fer…

LA VOIX DE FLIC
Il nous a parlé du camion.
 
FENSTER
Pour être tout à fait honnête, ça ressemblait plutôt à un mobile home. Et ouais, les putes ça peut se faire du fric ! c’était assez confortable, pour une passe, finalement. Elle s’était fait pas mal de tunes, la salope.
 
LA VOIX DU FLIC
Qui a récupéré les armes ?
 
FENSTER feignant la surprise
Eh, les gars, j’ai comme l’impression qu’on est pas sur la même longueur d’ondes.
Z’êtes sûr qu’on parle bien de la même chose ?
 
LA VOIX DU FLIC
Je suis en train de perdre patience.
 

FENSTER
Vous n’avez rien contre moi.
Vous avez aucun motif de me garder ici.
Quelles sont les charges ?
 
LA VOIX DU FLIC
Tu es un escroc notoire. Tu transpires comme si t’étais un putain d’enfoiré de ta mère de coupable !
Voilà mes charges contre toi. Ca me suffit largement.
Alors fais-nous gagner du temps : dis nous où est le camion

Noir.


Lumière sur Hockney, interrogé à son tour dans la même situation que les deux précédents.
 
HOCKNEY
 
Où est mon avocat ?
Je te ferai bouffer ton insigne, crétin.
Je vous connais, les flics. Tu crois pas que je sais que t’as rien à te mettre sous la dent ?
 que t’es pratiquement sur la touche ?
Ça pue, tout ça. Tu tiens pas debout, espèce de clown.
 
LA VOIX DU FLIC
Nous aussi on te connaît. Spécialiste des explosifs…un petit dur des rues.
Je peux prouver que t’étais dans le Queens le jour du braquage.
 
HOCKNEY
 
J’y HABITE, dans le Queens, bordel.
C’est quoi ce putain de bordel ? vous vous pointez dans mon magasin et vous me coffrez devant mes clients, très classe, bravo, z’êtes des vrais héros, les mecs.
C’est quoi, vos chefs d’inculpation ?
 
LA VOIX DU FLIC
Tu sais ce qui va se passer si tu fais un autre petit séjour en taule ?
 
HOCKNEY avec délectation
Ben j’enculerai ton père sous la douche.
Allez, inculpe-moi, tête de bite.
 
Noir.
 
Lumière, c’est le tour de Keaton.
 
LA VOIX DU FLIC
Je te lirai les chefs d’inculpation quand je serai prêt.
 
KEATON
AH OUAIS ?
Et avec quoi tu vas m’inculper ?
 
LA VOIX DU FLIC
Alors comme ça tu sais rien… tu as l’air plutôt bien portant pour un mort.
 
KEATON
C’est votre erreur, pas la mienne.
Vous m’avez cru mort, il suffisait de chercher un peu :
regarde, j’ai la même tête, le même nom , … aujourd’hui je suis un homme d’affaires, mec.
 
LA VOIX DU FLIC
Qu’est-ce que c’est ? un business dans la restauration ? ben plus maintenant.
A partir de maintenant t’es plus rien.
Ah si, t’es dans le nôtre de business. Je vais faire de toi quelqu’un de célèbre !
 
Keaton montre juste un air de mépris.
La menace semble avoir fait mouche.
 
KEATON
Comme je l’ai dit, c’est votre erreur, pas la mienne.
Chargez-moi avec cette histoire  à la con, et vous vous en mordrez les doigts.
Qu’est-ce que vous vouliez savoir à propos de ce  camion ?
 
Keaton reçoit un coup , de derrière la tête, on lui cogne celle-ci sur la table. Il se relève, plein de sang.
 
Noir .
 

Publié par theatrefeuilleton dans Non classé | RSS 2.0

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