Archives pour août 2006

27-08-2006

ACTE I SCENE II

ACTE I

Scène 2

 
Rig et Baer sont dans le même bureau.
Rig est debout près d’une armoire, appuyé .
Baer est assis sur sa chaise.
Entre un flic, qui amène un type menotté, à l’allure modeste,  et qui marche difficilement. Il le fait asseoir sur une chaise.
Il lui enlève les menottes et le laisse avec les deux inspecteurs.
 
 

BAER, lisant une fiche

OK. « Verbal » c’est quoi, un surnom ?
 
VERBAL
Oui. Il paraît que je parle énormément. Une vraie diarrhée verbale. C’est pour ça que mes amis n’ont surnommé comme ça.
Mon vrai nom, c’est Roger KINT.
 
BAER
Bon, Roger, Verbal, peut importe, tu sais que je veux t’aider.
 
VERBAL
Sûr. Et j’apprécie votre aide. Et je veux vous aider, Agent Baer. J’aime bien les flics. J’aurais aimé être flic moi-même, mais j’ai pas pu…mon accident cérébral…

 BAER l’interrompt

Verbal, je sais que tu sais quelque chose. Je sais que tu ne nous dis pas tout.

 
VERBAL très calme
J’ai dit tout ce que je savais au district attorney.
 
BAER
Je sais que t’aimais bien Keaton, et je sais que tu penses que c’était un type bien.
 
VERBAL
C’était un type bien

BAER
C’était un flic corrompu, Verbal. Tu le sais ça au moins. Tu connais son passé.
 
VERBAL
Oui, c’est vrai , peut-être il y a quinze ans, mais il s’était rangé…
 
BAER
Keaton était pourri de l’intérieur, une vraie merde. Il est impossible qu’il se soit rangé ;( ce dernier mot est ironique)
 
VERBAL
Essaieriez-vous de me tirer les vers du nez, agent Baer ? je veux bien vous aider mais…
 
BAER
Je veux juste entendre ton histoire.
 
Un silence.
Baer et Verbal se défient du regard.
 
VERBAL
C’est d’accord..
Baer prend un dossier  que lui tend Rig.
 
 
BAER
D’après ton dossier, tu es un petit escroc…qui mange à tous les râteliers.
 
VERBAL
Attention, Agent Baer…tout ce qui est là est inattaquable…
 
BAER
Oh, je sais. Ton immunité totale. Le gentil petit deal que t’as passé avec le DA.
 
VERBAL souriant franchement
Bah, j’ai quand même le délit de port d’armes…
 
RIG
Tu connais un dealer appelé Ruby Deamer, Verbal ?
 
VERBAL du tac au tac
Tu connais un religieux appelé Jean-Paul ?
 
BAER
Tu sais que Ruby est inculpé ?
 
VERBAL
Il n’avait pas mon avocat.
 
BAER
Que dirais –tu si Ruby  apprenait que t’as refilé son nom au DA, Verbal ?
 
 
VERBAL
Il n’y avait rien concernant Ruby là-dedans.
 
Un silence. Ils se toisent.
Rig sort de la pièce.
 
BAER
Tu sais la première chose que j’ai apprise dans ce job, Verbal ? comment repérer un meurtrier. On arrête trois gars pour le même meurtre. On les met dans la même cellule pendant une nuit. Au petit matin, celui qui dort c’est le coupable. Si t’es coupable, tu sais que t’es pris, t’as plus à t’en faire, tu baisses ta garde, tu me suis ?
 
VERBAL
Non.
 
BAER
Tout ça pour te dire que les coupables je les renifle, je les devine, je les lâche pas.
Je vais te dire un truc : je suis plus malin que toi. Je saurai ce que je veux savoir, que ça te plaise ou non.
 
Rig revient avec du café qu’il pose devant Verbal. Celui-ci prend la tasse et sirote avec délectation.
 
VERBAL
Aaahh…je me souviens, quand je cueillais des haricots au Guatemala on avait l’habitude de boire du café frais, je veux dire, tout juste cueilli de l’arbre ! c’était divin. Celui-ci c’est de la merde, mais…
 
BAER agacé
Est-ce qu’on peut reprendre ?
 
 
RIG, d’un ton amical
Raconte-nous Verbal.
Quand toute cette histoire a commencé ?
 
Verbal attend , les regarde tous les deux, puis , les yeux dans le vague :
 
VERBAL
C’était il y a six semaines, à New York. Un camion plein d’armes en pièces détachées s’est fait braquer dans le Queens. Le chauffeur n’a vu personne, mais ça a foiré : il a entendu une voix. Parfois, on a juste besoin de ça…
Donc on a été arrêtés tous les cinq.
Ils ont commencé par Mc Manus, qui dormait tout tranquille dans son appart complètement défoncé..il était tellement dans le coltard quand ils sont venus le chercher qu’il leur a demandé un café.
Après ils sont allés cueillir Todd Hockney, il bossait dans un garage sur une vieille Ford. Ces connards de flics, ils étaient six pour le choper, vous rendez compte, six contre un ! ils lui ont pointé leur flingue tous les six sur la tête, alors qu’il avait encore les mains dans le cambouis…(il rit) il leur a dit , comme ça , enfin il m’a raconté «  eh, c’est pas une armurerie ici ! je fais pas ce genre de réparation ! »
Ah, et Fenster…ils l’ont eu dans la rue. Plaqué contre la bagnole. Et puis…
C’a été le tour de Keaton.
 
(une pause).
Il boit un peu de café.
 
VERBAL
Keaton m’a dit que ce jour-là, c’était le rancard le plus important, le plus décisif de toute sa carrière. De sa nouvelle vie. Je crois pas qu’il aurait pu leur pardonner ce qu’ils lui ont fait.
Il étaient super sapés, lui et Edie. Ils avaient misé gros sur ce coup-là.
 
RIG
Edie Fineran ? l’avocate ?
 
VERBAL
Oui. Qui d’autre ? Cette manie de vous faire confirmer ce que vous savez…
Ils avaient rendez-vous avec des français, des investisseurs potentiels sur leur concept de resto. Et ouais… Keaton s’était reconverti dans la restauration. Il avait ouvert un resto sur la 5ème.Le genre de resto qui …(il cherche à imiter quelqu’un) «  dont l’ambiance change avec la nourriture, où le style n’est pas écrit sur les murs ».Bon, c’est un peu spécial, vous voyez ?
 
Rig et Baer échangent des regards intrigués et sceptiques.
 
VERBAL
Enfin bref, ils avaient eu un mal de chien à les convaincre de venir voir par eux mêmes, et Keaton avait besoin d’eux, ils étaient bien partis. Ils discutaient des prix…et voilà qu’en plein milieu ces connards du FBI déboulent et foutent tout en l’air.
Bien sûr, il s’est excusé, Keaton, en plein rendez-vous, d’être dérangé par la police, le FBI même, mais vous imaginez ce que ça leur a fait à ces frenchies ?
En une seconde, ils l’ont …pulvérisé.
 
Voilà comment on s’est retrouvé tous les cinq pour l’identification.
Etrange , non ? ces types là étaient tous des pointures, des cracks et moi j’étais là avec eux. Un infirme, un type considéré comme un débile…oh je sais ce que les gens pensent de moi. Vous savez….depuis que je suis tout gamin, on me prend pour l’idiot du village, le simplet.
Non, là, Y avait quelque chose qui clochait.
 J’avais pas vraiment peur, parce que j’avais rien fait…
En fait, en y repensant , c’était même assez marrant…

(Verbal semble se plonger dans ses pensées)

Noir.

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26-08-2006

SUSPECTS : ACTE I SCENE I


ACTE I

 
Scène 1
 
Les Inspecteurs Rig et Baer parlent dans un bureau.
 
Baer, le supérieur, est un homme tendu, nerveux. Il  est assis sur une chaise derrière son bureau et pianote sans cesse des doigts sur le plateau., Rig lui fait face, debout. C’est un calme, mais il semble fatigué. Il tient un dossier qu’il consulte de temps à un autre.
 
 
BAER
Combien de cadavres au total ?
 
RIG
27…pour l’instant. On est encore en train de remonter des corps de la flotte.
 
BAER
Bon sang…( il se frotte les yeux) Des survivants ?
 
 
RIG
2…Il y a un type au County, mais il est dans le coma.
Mais le district attorney a appréhendé un autre type, un infirme de New York, je crois…
 
BAER, intéressé
Il sait quelque chose, ce type ?
 
RIG
J’aimerais bien le savoir …
Il offre de témoigner contre une totale immunité.
Apparemment ce gars a des potes haut placés…et un bon avocat.
 
(Baer fait un geste agacé)
 
BAER
Je m’en branle !
Faites-moi venir ce type.
Y a une trentaine de macchabées dans le port, peut-être plus, allez savoir ! on n’est pas couchés , c’ est moi qui vous le dis. La presse va pas nous rater, vu l’ampleur du carnage. Ce genre de catastrophe dans le port, ça ne s’est jamais vu.
Alors ce type peut avoir tous les potes qu’il veut, ça me fait ni chaud ni froid.
Et j’aimerais bien savoir quel grand ponte de la ville pourrait avoir envie de couvrir un tel merdier.
 
RIG, avec un geste d’impuissance
C’est à prendre ou à laisser : son témoignage contre l’immunité.
C’est que son avocat a négocié et le DA a accepté. J’ai pris la liberté de contacter cet avocat il y a quelques minutes. Il attend mon coup de fil …
 
 
BAER, le coupe, furieux
 
Qu’est-ce que c’est que cette connerie ?!? le DA a accepté ? il sait combien nous avons  de cadavres sur les bras ?
 
RIG  (avec un geste d’impuissance)
Ce type est protégé. Par qui, j’en sais foutre rien. Des appuis politiques. J’ai croisé le maire et le gouverneur là-bas.
Alors, vous le voulez ou pas son témoignage ?
 
Baer acquiesce, agacé et rageur.
Rig prend son téléphone, compose un numéro.
 
 
RIG
C’est d’accord.
 
(il met l’ampli)
 
UNE VOIX
Nous sommes bien d’accord, Messieurs. Que ce soit bien clair : Toutes les charges : vol, incendie, meurtre …font l’objet d’une totale immunité. Je  serais vraiment très impressionné que l’on puisse apporter la preuve qu’un pauvre infirme, partiellement paralysé, puisse être le seul coupable de 27 meurtres simultanés. Monsieur Kint plaidera en revanche coupable de possession d’armes.
Il doit être libéré, quoi qu’il arrive, dans deux heures maximum.
 
 
BAER, interloqué
Détention illégale d’armes ? Vous plaisantez.
 
LA VOIX
Pas du tout, cher Monsieur. C’est à prendre ou à laisser.
 
RIG
Armes.
(il rit en secouant la tête)
délit numéro 1.
 
BAER, à part,  en colère, énervé
Ce mec se fout de nous.
Détention illégale d’armes à feu…c’est ridicule.
 
Rig interroge Baer de la tête. Il forme avec les lèvres la phrase « alors, on fait quoi ? ».
Celui-ci finit par acquiescer, visiblement de mauvaise grâce.
 
RIG
OK. Faites-le amener.
 
LA VOIX
Attendez, ce n’est pas tout. L’enregistrement – si vous procédez à un enregistrement, bien entendu- de son témoignage restera secret sous scellés. Toute utilisation contre lui d’une information issue de ce témoignage sera juridiquement impossible
(il raccroche).
 
BAER
Deux heures !
 
 
RIG
C’est tout ce qu’on a. Il sera là dans…(il consulte sa montre) 20 mn.
 
BAER
Bon, vu le peu de temps qu’on va avoir, faudra être efficace.
Primo : Je veux savoir pourquoi 27 personnes sont mortes la nuit dernière.
Deuxio : Et surtout, je veux être CERTAIN  que Keaton est mort.
 
 
 
RIG
Il l’est. Quoi qu’il soit arrivé à Keaton, personne n’aurait pu sortir de ce bateau vivant. Croyez-moi, j’ai vu ce qui est arrivé à ce rafiot. C’est plus qu’un immense cercueil fumant sur l’eau. Ca pue la chair cramée à deux kilomètres à la ronde.
 
Arrive un autre policier, l’air visiblement éprouvé.
 
POLICIER
Je reviens de l’hosto. C’est pas beau à voir, ce qui reste de ce type.
 
BAER
Alors ?
 
POLICIER
Ben alors, il est sorti du coma, mais il parle pas français. Du Hongrois. Il a fallu trouver un interprète, vu que personne…
 
BAER ( l’interrompt, agacé)
Abrège.
 
 
POLICIER
Il a des brûlures sur tout le corps. Troisième degré. Il a pas beaucoup de chances de s’en tirer.
Mais…on a pu le faire parler un peu.
Il est terrorisé.
 
BAER
Qu’est-ce qu’il a dit ? on peut en tirer quelque chose ?
 
POLICIER
Attendez, vous allez voir…
(il sort un calepin de sa poche et lit :)
 
POLICIER
«  etes-vous la police ? J’ai besoin de la police. Il va me trouver, ici ! Il va me tuer. J’ai besoin de la police, je leur dirai tout ce qu’il veulent savoir. S’il vous plaît il va me tuer… »
 
BAER
Mais de qui parle-t-il ?
 
POLICIER  (sans lui répondre)
«  trouvez quelqu’un qui puisse me comprendre ! Vous êtes stupides, vous ne comprenez rien, je vais être tué, vous allez tous être tués aussi. Aidez-moi moi, mon Dieu ! trouvez quelqu’un qui me comprend, ou alors…nous allons tous mourir.
Il est le Diable. Vous n’avez jamais rien vu ni personne comme Keyser Söze dans votre misérable vie. Comprendrez vous à la fin ? Le Diable en personne. Ou alors les flics américains sont tellement stupides qu’ils n’en n’ont jamais entendu parler ! Keyser Söze. »
Voilà.
Il a répété ce nom là plusieurs fois, il hurlait , il avait l’air terrifié.
 
On a sécurisé l’hopital au cas où. J’ai fait poster plusieurs gardes.
C’est qui , ce Keyser Soze ?
 
Ils se regardent tous, interloqués.

Noir.

 

 

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26-08-2006

LA SUITE ?

Pour ceux qui ont pu découvrir le début, la suite arrive…elle sera en ligne aujourd’hui.

J’attends vos commentaires avec impatience et vous pouvez faire bien sûr des suggestions, même si tout est déjà écrit !

Et si vous connaissez une troupe amateur qui aurait envie de la jouer, ne vous gênez pas pour lui donner cette adresse !

Chris

 

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25-08-2006

SUSPECTS : PROLOGUE

PROLOGUE

Un pont de bateau, la nuit.
On entend le clapotis de l’eau contre les flancs et des sirènes ( nous sommes dans un port).
Keaton est à demi assis par terre, presque allongé, il semble blessé aux jambes, il est livide, en sueur.
 
Keaton tire un paquet de cigarettes de sa poche et en allume une avec peine. Il a un  petit rire sans joie.
 
Des pas. Un homme arrive ( on ne voit que son dos : grand, un long manteau noir, un chapeau) et se plante devant Keaton.
 
Keaton lève les yeux lentement vers lui, à grand peine. Il essaie de se relever mais grimace de douleur et retombe lourdement. Sur son visage , se lisent la surprise, puis la colère, puis…la résignation.
 
L’HOMME , d’un ton très doux
Comment ça va, Keaton ?
 
KEATON
Je dirais que …ma colonne vertébrale est en miettes…Keyser.
(il prononce ce prénom avec dégoût)
 
L’homme sort un revolver de sa poche.
 
KEYSER SOZE
Tu es prêt ?
(il arme le revolver)
 
KEATON
Quelle heure est-il ?
( il grimace, et tourne la tête. Il prend une bouffée)
 
KEYSER SOZE
Minuit et demie.
(il tend le bras qui porte l’arme. Il attend que Keaton ait terminé de fumer et presse la détente , deux fois)
 
Le corps de Keaton retombe lourdement.
 
Keyser Söze le regarde un moment. Puis il sort une cigarette et l’allume…il jette ensuite son briquet vers un fut d’essence au fond du décor, et tout s’embrase.
Explosions, Incendie.
 
Keyser Söze sort , lentement, toujours dos à la scène.
Des hurlements, des coups de feu, des flammes.
Puis le silence.
 
Noir.

 

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25-08-2006

BIENVENUE !

Connaissez-vous le film ” USUAL SUSPECTS” ?

Un chef d’oeuvre , non?

Si vous n’êtes pas d’accord…passez votre chemin, vous risquez de perdre votre temps.

Mais si vous opinez, alors laissez-vous tenter par ce qui va suivre.

Vous êtes-vous demandé ce que cette histoire donnerait sur une scène de théâtre ?

Je vous propose un feuilleton.

J’ai écrit une pièce d’après le film de Bryan Singer , d’après le scénario de C. Mc Quarrie. Sans aucun but commercial, et sans volonté d’usurper les droits de qui que ce soit.

Juste pour le fun…

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas … je vous laisse aller à la découverte …

 

Chris

 

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