29-09-2006

C’est fini…

Alors merci de vos visites, et merci de laisser quelques commentaires…

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29-09-2006

EPILOGUE

EPILOGUE

La scène s’ouvre sur un salon richement décoré.
Entre Verbal.
Il marche normalement. Il étire sa jambe gauche, celle qui boitait un peu auparavant, son bras gauche , et détend ses doigts. Un léger sourire apparaît sur son visage.
Il ouvre un placard et se sert un verre de vin, puis allume un cigare d’un air satisfait.

Entre l’homme qu’on connaît sous le nom de Kobayashi.

KOBAYASHI
La voiture est prête, Monsieur.

VERBAL / KEYSER SOZE d’une voix assurée.
J’arrive.

Il continue à fumer en silence pendant que la lumière décline.
De temps en temps , un petit rire , léger, le secoue.

En voix off, la Voix de Verbal :

« Keaton disait toujours : « je ne crois pas en Dieu, mais j’ai peur du Diable ». Et bien moi je crois en Dieu, mais la seule chose qui me fasse vraiment peur c’est Keyser Söze . Tu crois que tu le tiens, et puis hop ! d’un coup, il disparaît. »

Noir.

FIN.

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29-09-2006

ACTE III scène 13 : où l’on comprend (presque) tout

Scène 13

 
Verbal et les deux inspecteurs sont à nouveau face à face.
 
BAER
Et ensuite ?
 
VERBAL
Ensuite…on a attendu. On s’est préparés. Sans enthousiasme, vous vous en doutez…A l’heure dite, le vendredi, on était là. Y avait une dizaine de types sur le quai face au cargo. Ils parlaient … russe , il me semble. Je suis pas sûr. On savait pas combien il pouvait y avoir de mecs sur le bateau. Mais ceux du quai étaient armés. C’était pas bon.
Au bout d’un long moment, d’autres types sont arrivés. Par la mer, sur des zodiacs. Une quinzaine environ. Ca y était, l’échange allait avoir lieu…on a attendu qu’ils montent à bord , enfin, les autres y sont allés. Moi, je suis resté derrière, Keaton m’avait refait la leçon : je devais juste les couvrir et en aucun cas, bouger et essayer de les suivre.
 
BAER
C’est ce que t’as fait ?
 
VERBAL
Oui. Ils ont réussi à faire une diversion pour monter, mais ils ont buté la majeure partie des gardes…et tout s’est enchaîné après très vite ! et puis j’ai commencé à entendre des coups de feu, et des hurlements, des hurlements en russe ou je sais pas quoi. Je sais pas combien de temps ça a duré. Ca m’a paru une éternité. Des explosions, et l’arrière du bateau a pris feu. J’étais paralysé. Je.. j’arrivais même plus à bouger. Et puis après un bon moment, je sais pas combien de temps,  j’ai aperçu Keaton sur le pont. Il se traînait, je pense qu’il était déjà blessé…il s’est laissé tomber par terre. Et puis … un homme en noir est arrivé. Il est resté en face de lui quelques secondes, puis il a sorti une arme et lui a tiré dans la tête.
(Verbal ferme les yeux. L’évocation de ce souvenir semble douloureuse)
et voilà. Keaton est mort, messieurs. C’est sûr. Je l’ai vu. Juste après, le feu s’est propagé.
 
On frappe à la porte.
Rig va voir et sort.
 
BAER
Allons, allons. Verbal. Tu as vu quoi au juste ? Un homme en noir ? Keaton qui tombe par terre ? tu veux me faire avaler ça ?
 
VERBAL froidement après un long regard glacial
Je crois que c’était Keyser Söze. Tout simplement. Il a dû se passer quelque chose sur le bateau, et…
 
BAER
Ca ne tient pas debout, Verbal. Pourquoi vous envoyer sur le bateau faire un job pour lui et vous descendre avant que le job soit fini ?
 
 
 
VERBAL
Il peut y avoir mille raisons. Mais il peut tout aussi bien ne pas en avoir du tout.
 Est-ce que le Diable a besoin de raisons ? je crois, agent Baer, que vous sous-estimez Keyser Söze. Vous n’avez pas déjà oublié la petite histoire que je vous ai racontée ?
( il se prend la tête entre les mains et soupire)
bon. Je crois que tout ça a assez duré. Cet interrogatoire va-t-il durer encore longtemps ?
 
Rig revient , un dossier à la main.
 
Il prend Baer à part.
 
RIG
Un gamin a trouvé un corps sur la plage ce matin. Tué par balle dans la tête cette nuit. Il s’agit d’un certain Arturo Marquez, petit contrebandier  argentin. Il a été arrêté à New York l’an dernier pour trafic. Il s’est échappé et on l’a chopé à Long Beach il y a quelques jours. Ils étaient en train de préparer son extradition quand il s’est à nouveau fait la malle. Regardez  qui s’est occupé de la procédure ?
(il lui montre le dossier)
 
BAER, interloqué
Edie Fineran ?!
 
RIG
New York nous a envoyé une copie de son dossier. C’était un indic.
 
BAER
Faites voir.
 
Il lui prend le dossier des mains et le feuillette.
 
BAER
Un putain d’indic.
 
RIG
Arturo était farouchement déterminé, semble-t-il , à ne pas retourner en taule. Alors il a négocié sa liberté contre des infos sur une cinquantaine de personnes…devinez qui il a nommé ?
 
BAER
Keyser Söze…
 
RIG
Ce n’est pas tout.
Il lui parle tout bas.
 
BAER revient s’asseoir face à Verbal, souriant.
 
Il le dévisage un long instant, les doigts croisés sous le menton.
 
 
BAER
Je vais te dire un truc : il n’y avait pas de came sur le bateau.
 
VERBAL
Si. Il devait y en avoir. Ce n’est pas possible autrement. Pour 91 millions de dollars, il fal…
 
BAER
Te fous pas de ma gueule , Verbal. Plus de salades.
 
VERBAL
Mais quelles salades ? Je ne mens pas…
 
BAER
SI , TU MENS ENFOIRE ! ESSAIE DE ME DIRE ENCORE UNE FOIS QUE TU AS VU QUELQU UN TUER KEATON ?
 
Verbal se lève, effrayé, et tente d’échapper à Baer. Celui-ci le tient par les épaules.
 
BAER
Essaie encore , Verbal. Je connais la vérité.
 
 
VERBAL
Je … je comprends rien à ce que vous dites. J’ai vu Keaton se faire tirer dessus, je le jure !
 
BAER
Alors pourquoi ne l’as –tu pas aidé ?
POURQUOI ? PARCE QUE T’ES UNE FIOTTE ?
 
VERBAL pleurant presque
J AVAIS PEUR , OK ?
Parce que, je suis sûr que c’était Keyser Söze. Je ne pouvais pas me résoudre à lui pointer mon arme dessus.
 
BAER
Mais Keaton…
 
VERBAL, passionné
C’était Keyser Söze, agent Baer. Vous comprenez ?!? Le Diable en personne. Comment voulez-vous tirer sur le Diable dans le dos ?
(il lève sa  main handicapée,  agitée de tremblements)
Est-ce que vous m’avez bien regardé, agent Baer ?
Comment voulez-vous tirer sur le Diable ? qu’est-ce qui se passe si vous le manquez ????
 
BAER, soupirant
Arturo Marquez. Déjà entendu parler ?
 
VERBAL, fatigué.
Qu…NON.
 
BAER
C’était un indic pour le département de la Justice. Il a témoigné devant les fédéraux qu’il avait vu et pouvait identifier de façon certaine un certain Keyser Söze, et qu’il connaissait parfaitement son organisation , dont un certain nombre de trafics et de meurtres.
 
VERBAL, s’en fiche totalement
Jamais entendu parler .
 
BAER
Il a été en quelque sorte… donné à une bande de Hongrois ; sûrement des hongrois liés à ceux qui l’ont poussé à quitter la Turquie autrefois. L’argent n’était pas là pour la dope. Il n’y avait pas de dope ! Les hongrois voulaient acheter le seul homme capable d’identifier Keyser Söze. Pour eux. Pour leur vengeance.
 
VERBAL
Je vous ai dit que je n’en avais jamais entendu parler.
 
BAER
Mais Keaton si ! Edie Fineran a été l’avocate pour son extradition. Elle savait qui il était et ce qu’il savait.
 
VERBAL
Je n…
 
 
BAER
Il n’ y avait pas un gramme de dope sur le bateau. C’était une exécution. Un commando suicide pour éliminer le seul homme capable d’identifier Keyser Söze. Il a eu peur, Le Diable. Alors Söze a recruté des durs. Des tueurs. Des hommes qu’il savait capables de marcher vers une mort certaine s’il les tenait suffisamment bien par les couilles.
 
VERBAL
Mais… attendez. Vous dites que Söze nous a envoyés pour TUER  quelqu’un ?
 
BAER
Je dis que KEATON l’a fait.
 
VERBAL  semble choqué, refuse d’entendre. Il secoue la tête en signe de dénégation.
 
BAER
Verbal, il t’a laissé derrière pour une seule raison. Si vous saviez tous que Söze pouvait vous retrouver n’importe où, pourquoi était-il prêt à te laisser partir, alors qu’il aurait eu besoin de toi sur le bateau ?
 
VERBAL
Il voulait que je m’en sorte vivant.
 
BAER
Et pourquoi  voulait-il que tu t’en sortes ? un ex flic ripou sans aucun scrupule qui se laisse attendrir par un pauvre crétin infirme rejeté de tous ? Non. Je ne marche pas.
 
VERBAL
Edie.
 
BAER
Non, je ne suis pas client. Je ne crois pas une seconde qu’il t’aurait envoyé pour la protéger. Alors pourquoi ?
 
VERBAL
Parce que c’était mon ami !
 
BAER
Non, Verbal. Tu n’as pas d’amis. Keaton n’a pas d’amis. Il t’a laissé la vie sauve parce qu’il voulait que ce soit ainsi. C’était sa volonté.
 
Verbal demeure pensif un instant. Puis il secoue la tête vivement.
 
VERBAL
Non…
 
BAER
Keaton ETAIT Keyser Söze.
 
VERBAL
NON!
 
BAER, l’ignorant
Le genre de type capable de faire plier des volontés aussi fortes que celles de Mc Manus ou de Hockney. Le genre de type capable d’imaginer et d’organiser une séance d’identification, grâce à des contacts de plusieurs années dans la police de New York.
 
Verbal se lève, en clopinant et en tremblant.
 
VERBAL
Non, non, non, non, non !
 
BAER, lentement
Le genre de type capable de tuer  Edie Fineran.
 
Un étrange regard de Verbal.
Choqué. Il se laisse tomber sur sa chaise.
 
BAER
On l’a retrouvée hier dans un hôtel de Pennsylvanie. Deux balles dans la tête.
 
Verbal plisse les yeux et semble faire un effort mental surhumain.
 
VERBAL
Edie…
 
BAER
Il s’est servi de vous pour pouvoir monter à bord. Il n’aurait pas pu y arriver seul, mais il avait besoin d’appuyer sur la gâchette lui même pour tuer cet homme, le seul capable de l’identifier comme étant Keyser Söze.
 
VERBAL
C’ EST N’ IMPORTE QUOI !
 
BAER
Tu n’as pas encore compris ? Il t’a laissé derrière pour que tu puisses témoigner de sa mort. Tu l’as   vu mourir, vraiment ? ou pas ?! tu as dû te cacher quand le premier car de flics est arrivé. Tu n’es pas monté à bord. Tu n’as pas vu son cadavre de tes yeux !!!
Tu as entendu le coup de feu, juste avant que le feu ne se propage, mais tu ne l’as PAS VU MOURIR.
 
VERBAL
Je le connaissais. Jamais il n’aurait…
 
BAER
Il t’a programmé pour nous dire ce qu’il voulait que tu dises. Exactement ce que tu as fait. On a enquêté sur lui pendant des années. Il savait qu’on était proches….très proches de tout découvrir. Alors il a monté toute cette farce. Tu l’as dit toi même à propos de l’identification : d’où pouvait venir cette machination ? Une pression politique ? Pourquoi aujourd’hui es-tu protégé ? c’est Keaton qui est derrière tout çà ! ( triomphant) , qui a voulu s’assurer que tu nous dirais bien tout ce que tu es supposé nous dire. L’immunité est ta récompense.
 
VERBAL
MAIS POURQUOI MOI ? POURQUOI PAS HOCKNEY OU FENSTER OU MC MANUS ? je suis un infirme. Je suis stupide. Pourquoi moi ?
( se prend la tête entre les mains)
 
BAER avec pitié
Parce que tu es un infirme, Verbal. Et parce que tu es stupide. Parce que tu étais plus faible qu’eux. Parce que tu n’étais pas capable de lire suffisamment en lui pour comprendre la vérité.
 
Verbal pleure. Il secoue la tête. Il murmure ‘non, non, non’ très faiblement
 
BAER, d’un ton amical
S’il est mort, Verbal, si tout ce que tu nous a dit est vrai, alors tout ça n’a pas d’importance.
Alors dis-moi : c’était son idée le service taxi de New York, n’est-ce pas ? dis-moi la vérité.
 
Un silence.
 
VERBAL, résigné, et très bas.
C’était Keaton. On l’a tous suivi depuis le début.
 
BAER sourit avec satisfaction.
 
 
VERBAL
Je ne savais pas. Je l’ai vu mourir ! je crois , non, je suis sûr qu’il est mort. Mon Dieu…
 
BAER
Pourquoi avoir menti, alors ?
 
VERBAL
Vous savez ce que c’est, agent Baer, de savoir que toute votre vie vous serez un moins que rien ?  moins que tout le monde. Un type pas fichu de se tenir debout. Merde, j’ai grandi avec cette idée que je ne serai jamais quelqu’un. Parce que j’étais un infirme. Même pas un truand acceptable. La seule chose que je savais à peu près bien faire était  d’embobiner les gens. Mais vous êtes coriace. Vous m’avez eu.
Verbal semble partagé entre le rire et la nausée.
 
BAER
Tu n’es pas encore sauvé.
 
VERBAL
Vous pensez qu’il…
 
BAER
Qu’il est Keyser Söze, j’en sais fichtre rien, Verbal. Pour moi, Keyser Söze est une légende. Comme tu l’as dit, une histoire de père fouettard. Mais je connais Keaton. Et quelqu’un à l’extérieur tire les ficelles pour toi. Alors reste ici et nous pourrons te protéger.
 
VERBAL
Non, non, non. Je pars aujourd’hui.
 
BAER, regardant sa montre
Eh bien …tu es libre de partir depuis vingt minutes.  Le capitaine veut te voir quitter la ville immédiatement à moins que tu ne changes d’avis…et que tu restes pour nous aider à coincer Keaton.
 
VERBAL
Je vais tenter ma chance. Merci. C’est plus difficile d’acheter un gars comme moi que d’acheter un flic.
 
BAER
Comme tu veux, mais qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas courir toute la vie ? Accepte notre marché. Si quelqu’un veut te faire la peau, tu sais qu’ils pourront t’avoir et te cueillir comme une fleur une fois dehors.
 
VERBAL, se levant, presque menaçant
Peut-être bien, agent Baer. Mais je suis pas un donneur. Vous m’avez piégé, c’est tout. J’ai ouvert ma gueule parce que j’ai peur. Mais à l’avenir je la fermerai parce que j’ai laissé Keaton tomber, Edie aussi. S’ils me tuent, ce sera peut-être parce que j’aurai parlé. Mais ils auront aussi sûrement entendu parler de vous. Alors faites gaffe à vos miches.
 
Verbal marche vers la porte.
Au moment de sortir, il les regarde avec un œil froid.
 
VERBAL
Enculés de flics.
 
Il sort.
 
Baer enlève sa veste et semble soulagé. Il se passe un mouchoir sur le front.
 
RIG
On ne sait toujours pas ce qui s’est vraiment passé sur le bateau. Pourquoi autant de morts ? qui a mis le feu ? comment expliquer ça ?
 
BAER
Je sais ce que je voulais savoir sur Keaton.
 
RIG
Keyser Söze ou non, si Keaton est vivant, jamais on ne le retrouvera.
 
BAER
JE le trouverai. Ca prendra le temps qu’il faudra, mais je le trouverai.
 
RIG
Perte de temps.
 
Un téléphone sonne.
Baer répond. Il écoute la conversation puis raccroche.
 
BAER , à Rig
Le type à l’hosto a fini le portrait robot de notre fameux «  Keyser Söze ». Il nous le faxe. Va dire à Jenkins de le récupérer et de nous l’amener tout de suite. Je te parie ce que tu veux que c’est notre cher ami Keaton.
 
Rig sort.
 
Baer se sert un café. Il contemple en attendant les fiches apposées sur le mur derrière le bureau.
Soudain, ses yeux se plissent. Il arrache trois feuilles, une à une, avec incrédulité. Ses yeux s’agrandissent d’effroi.
 
Il laisse tomber la tasse qui se brise sur le sol.
 
Il a l’air paralysé. Il ramasse les morceaux de la tasse et en prenant un , il pousse une sorte de gémissement.
 
Rig revient.
 
RIG
Eh, ça va ? Vous avez pas envie de faire la vaisselle, chef ? pas la peine de tout cas…
 
BAER lui tend un morceau de porcelaine brisée sans dire un mot.
 
RIG n’en croit pas ses yeux.
 
RIG
Kobayashi… porcelaine ? KOBAYASHI ???
 

Baer tend à Rig les papiers et lui montre du doigt certaines mentions

 
RIG , fébrilement
Slavin, Bricks, shank, REDFOOT ?!?
 
Redfoot, le commanditaire de Los Angeles !
 
Et çà , c’est quoi…
Avis de recherche au … GUATEMALA ? qu’est-ce qu’il nous a dit déjà, sur le Guatemala…
 
BAER
« quand je cueillais du café au Guatemala… »
 
RIG
 
Putain , qu’est ce ça veut dire ?
Et ça…c’est un rapport de police de …l’ Illinois …(se rappelant brusquement les propos de Verbal) «  je chantais dans une chorale en Illinois… » !!!!
 
L’agent Jenkins arrive avec un fax qu’il tend à Baer.
Celui- ci le prend et le tend à RIG, qui ouvre de grands yeux de stupéfaction.
 
BAER
La voilà notre légende. Notre Keyser Söze.
 
Il se précipite vers son téléphone :
 
Retrouvez moi l’infirme qui vient de partir ! vite ! prenez dix hommes, vingt s’il le faut, retrouvez-le moi. Bloquez-moi l’aéroport, les gares, les stations de bus, de métro, tout ! Il ne peut pas être loin !
 
 
RIG
VERBAL ?!? c’est Verbal, Keyser Söze ?!?
 
BAER, très agité, remettant sa veste en hâte, vérifiant son arme,
T’as pas compris ? il s’est foutu de nous, il nous a manipulé , en beauté. Il s’est servi de tout ce qu’il y a dans la pièce , jusqu’à cette putain de tasse, pour inventer toute son histoire. Rien de tout ça n’est vrai, bordel !
Allez , on y va ! on se remue !
 
 
Ils sortent en courant.
 
Noir.
 

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29-09-2006

Bientôt la fin…

Bon, les amis… ça se précise.

La fin est proche.

Bientôt…très bientôt…

Restez là !

Ca vient ! 

 

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29-09-2006

ACTE III scène 12 : Une offre à ne pas décliner

scène 12
 
Verbal, Hockney, Keaton et Mc Manus  sont cachés et attendent Kobayashi.
Celui-ci arrive , monte dans un ascenseur accompagné de deux gardes du corps.
Tout à coup, les deux gardes, s’écroulent raides morts. Surgissent alors les quatre lascars, encerclant l’avocat.
 
KEATON, se plantant devant Kobayashi d’un air décidé
La réponse est non, cher Maître. Nous déclinons l’offre.
 
KOBAYASHI
Mr Söze va être…
 
KEATON, se rapprochant de lui , menaçant
Ecoute-moi bien , fils de pute. Il n’y a pas de Keyser Söze. Si tu répètes une seule fois ce nom, je jure que je te tue ici tout de suite.
 
KOBAYASHI
Etrange menace. J’en déduis donc que vous êtes venu ici pour me tuer de toute façon.
 
MC MANUS, haineux
Souviens toi de Fenster.
 
KEATON
Tu vois, tu es capable de nous trouver, et maintenant tu sais qu’on est capable de  te trouver aussi…
Ok…voilà, tu as une chance de tout laisser tomber. On annule ce job. Chacun rentre chez lui , peinard. On n’entend plus parler de toi, ni toi de nous. On oublie. Il ne s’est rien passé, tout le monde est quitte.
 
KOBAYASHI
Monsieur Sö…mon employeur a pris une décision. Il ne laissera jamais tomber.
 
KEATON
Nous non plus.
 
Mc MANUS
T’as pu avoir Fenster. Tu pourrais en avoir d’autres, mais tu ne pourras pas tous nous éliminer… On t’aura buté avant !
 
KOBAYASHI
Je vous crois, Monsieur Mc Manus. Vraiment. Vous n’auriez pas été choisis si vous n’en aviez pas été capable. Mais je ne peux hélas prendre une telle décision. Ce que vous pourriez me faire serait…ridicule en comparaison du sort qui me serait réservé si je …
 
MC MANUS
J’en ai rien à foutre, moi. Et tu vois, de nous quatre ici, je suis sûrement le seul à vraiment vouloir ta peau. Et tu sais pourquoi, fumier.
 
KOBAYASHI
Je suis désolé, Monsieur Mc Manus.
(à Keaton). Je vous supplie de me croire, Monsieur Keaton. Monsieur Söze est très réel. Et très déterminé.
 
KEATON
C’est ce qu’on verra.
 
Mc Manus place un revolver sur la tempe de Kobayashi. Il ne cille pas.
 
KOBAYASHI
Avant que vous n’en ayiez fini avec moi, vous me laisserez  bien terminer mon travail avec Maître Fineran ?
 
Keaton attrape le bras de Mc Manus et l’empêche de tirer.
 
KEATON
Qu’est-ce que tu as dit ?
 
KOBAYASHI
Edie Fineran. Elle est à l’étage au dessous, dans mon bureau pour préparer une extradition.
J’ai demandé expressément à ce que ce soit elle en personne qui gère ce dossier. Elle est arrivée il y a deux jours.
 
Tous regardent Keaton.
 
KOBAYASHI, faussement résigné
Enfin, tant pis. Faites ce que vous avez à faire , Monsieur Mc Manus.
 
KEATON
TU MENS ! espèce d’ordure !
 
KOBAYASHI
Je mens ?
Allez donc vérifier par vous même.
 
KEATON, en ne lâchant pas du regard l’avocat
Verbal, va voir. Fais-toi discret, qu’elle te voie pas.
Magne – toi.
 
Verbal sort.
 
Les autres restent un long moment sans parler , et se dévisagent.
Mc Manus s’impatiente.
Keaton demeure les yeux rivés sur Kobayashi.
Hockney s’est assis par terre et attend, placide.
Kobayashi reste très calme et droit.
 
 
KOBAYASHI, rompant le silence
Vous feriez bien de me croire, Monsieur Keaton. Sachez que je ne mens jamais. Je vous ai toujours dit la vérité. Et puis, Edie Fineran est la meilleure, vous êtes bien d’accord avec moi. Vous avez eu l’occasion d’éprouver l’étendue de ses … talents.
 
MC MANUS, tournant comme un lion en cage
Ahhh ! Qu’on en finisse ! il nous mène en bateau ! tu vois pas qu’il se fout de nous ? qu’il cherche à gagner du temps ?
 
KEATON
T a gueule. Attends que Verbal revienne.
 
MC MANUS
Et s’il se fout de ta gueule ? a l’heure qu’il est Verbal est peut être en train de se faire buter par d’autres mercenaires à la solde de cette enflure. Et je suis prêt à parier que ta gonzesse est tranquillement chez elle pendant ce temps-là.
 
 
Verbal, revient, essoufflé et effrayé.
 
VERBAL
Elle … est bien là, Keaton. Elle est avec deux grands costauds.
 
 
KOBAYASHI
L’escorte personnelle de Maître Fineran. Qui ne la quitte jamais, pas un seul instant. (sardonique) elle est entre de bonnes mains. Monsieur Söze s’est personnellement occupé du choix de cette garde rapprochée…voyez vous, il tient beaucoup à Maître Fineran.
 
Keaton semble réfléchir intensément et se prend la tête entre les mains comme si ça pouvait l’aider. Les autres sont pétrifiés.
 
KOBAYASHI, reprenant de l’assurance
Bien. Gardez votre énergie, Messieurs.
Le bateau sera prêt vendredi.
Si je vous revois d’ici là, vous ou certains de vos amis, je vous garantis que Maître Fineran sera victime des pires sévices… avant de mourir. Imaginez sa jolie petite tête lorsque nos amis en auraient fini avec elle…Monsieur Söze a beaucoup d’imagination et rien , pas même une jolie femme, ne saurait l’attendrir. Ce serait dommage pour moi de perdre une confrère aussi talentueuse mais…il ne tient qu’à vous qu’une telle horreur ne se produise pas.
(plus direct :)
s’il m’arrive quoi que ce soit, elle mourra.
Si vous tentez seulement de vous approcher encore de moi elle mourra.
Si vous vous approchez d’elle, elle mourra.
Si vous tentez un coup de fil, un contact quelconque, …elle mourra.
 
De même que votre père, Monsieur Hockney.
Et votre Oncle Randall en Arizona, Monsieur Kint.
Oh…Je pourrais me contenter de castrer simplement David,  le neveu de Monsieur Mc Manus…
 
 
Voilà… ai-je été clair ?
Tenez-vous tranquille, menez à bien la mission que nous vous avons confiée et tout se passera pour le mieux.
(il leur sourit)
Bien. Sur ce , si vous voulez  bien m’excuser…j’ai du travail.
Au plaisir, Messieurs. Et ne ménagez pas votre peine. Monsieur Söze compte sur vous. Bonne fin de journée.
 
Il sort. Les autres restent comme pétrifiés.
 
Noir.
 
 
 

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29-09-2006

ACTE III : Je ne crois pas en Dieu…mais j’ai peur du Diable

ACTE III
 
Scène 11
 
 
BAER
Charmante histoire…
Un bien gentil garçon que ce KEYSER…
 
Et… tu y crois , toi, Verbal ?
 
VERBAL, avec un petit rire sans joie
Keaton disait toujours : «  je ne crois pas en Dieu, mais j’ai peur du Diable ». Et bien moi je crois en Dieu, mais la seule chose qui me fasse vraiment peur c’est Keyser Söze . Tu crois que tu le tiens, et puis hop ! d’un coup, il disparaît.
 
BAER
C’était lui dans le port, Verbal ?
 
VERBAL
A votre avis ?
 
BAER
Si c’était lui, il va te chercher.
 
VERBAL
Servez-vous de votre tête , agent Baer. D’où pensez-vous que les pressions viennent ? Keyser Söze – ou qui que ce soit, quel que soit son nom- sait où je suis en ce moment même.
J’aurais un très gros problème quand je sortirai d’ici.
BAER
Dis-nous tout ce que tu sais , Verbal, arrête avec ta putain d’immunité. On peut te protéger.
 
VERBAL, sarcastique
Ouais, merci beaucoup, l’ami.
Merveilleux boulot. Pardonnez-moi si je vous dis d’aller vous faire foutre. Vous pensez que vous pouvez attraper Keyser Söze ? vous pensez qu’un type pareil se laisserait faire ? s’il venait par ici, ce serait pour moi, et je n’en sortirai pas vivant –même avec vous pour me protéger. Et en admettant que vous, vous en sortiez vivant, y a fort à parier que vous n’entendrez plus jamais parler de lui.
 
BAER
Bon,…on peut en revenir à Kobayashi ? que s’est-il passé ensuite ? après l’ « incident » ?
 
VERBAL, soupirant
OK…
On s’est levés le lendemain matin , un peu groggy.
Et là, on s’est aperçu que Fenster était parti. Il ne pouvait pas supporter l’idée de travailler pour Söze. Il avait laissé un mot  nous souhaitant bonne chance et pris sa part de l’argent .
 
 
BAER
Et ensuite ?
 
VERBAL
Mc Manus était furieux. Il a parlé de lui péter la gueule , de lui exploser la cervelle…des conneries. Vous savez, tous les deux , on aurait presque dit un vieux couple…là on aurait cru que Mc Manus venait de se faire plaquer par sa femme…des fois je me demande s’ils éaient pas un peu tantouzes ces deux-là ( il rit tout seul, bêtement, à cette idée) Et puis…on a eu l’appel.
 
BAER
Quel appel ?
 
VERBAL, déglutissant avec peine
Kobayashi. Le coup de fil de cet enflure…qui nous a indiqué où on pouvait retrouver Fenster.
 
BAER
Et où il était celui-là ? il vous avait lâchés… qu’est-ce que vous en aviez à foutre ?
 
VERBAL, après l’avoir longuement et froidement regardé
Fenster était froid depuis six heures, agent Baer . On l’ a trouvé exactement où l’avait dit Kobayashi, criblé de balles à un point que son visage était à peine reconnaissable. J’ai cru que Mc Manus allait chialer. On était sur une petite crique, à l’écart des plages.
 
BAER
Et ensuite ?
 
VERBAL
Mc Manus a voulu qu’on l’enterre.
Keaton voulait qu’on déguerpisse, on avait pas le temps…mais Mc Manus a piqué sa crise. Il a sorti son flingue et a menacé de tous nous buter si on l’aidait pas à enterrer son copain…en plus on n’avait pas de pelle…alors on a creusé avec nos mains.
C’était complètement débile. On l’a enterré dans le sable, à la première averse, les surfeurs sentiraient son cadavre à cent mètres de là…et c’est là qu’on a décidé de pas finir comme Fenster, à servir de petit déj aux crabes pour avoir désobéi à Keyser Söze. On a décidé de se faire  ce fumier de Kobayashi.
Mais encore une fois…rien ne s’est passé comme prévu.
 
Noir.
 

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25-09-2006

Acte II Scène 10 : La légende de Keyser Söze (âmes sensibles s’abstenir)

scène 10
 
Verbal et les deux flics à nouveau dans la salle d’interrogatoire.
 
VERBAL, lentement
On pense qu’il est turc. Certains disent que son père est allemand. Personne ne croyait vraiment qu’il était réel. Personne ne l’avait jamais vu, ou connu quelqu’un qui avait travaillé directement pour lui, mais à entendre Kobayashi, n’importe qui pouvait avoir travaillé pour Söze. Vous ne pouviez jamais savoir. C’est son véritable pouvoir. Le plus formidable tour que le Diable ait jamais joué, c’est de faire croire qu’il n’existait pas…(il a un léger rire)
Bref, l’histoire qu’on m’a racontée ( et que je crois) s’est passée quand il était en Turquie. Il y avait un gang de Hongrois qui voulait lui piquer son business. Grave erreur. Ils ont réalisé que le vrai pouvoir c’était pas d’avoir des armes, de l’argent, ou de manipuler les flics…le vrai pouvoir c’est quand vous êtes capable de faire ce que les autres ne feront jamais.
Ils avaient organisé pour Keyser Söze un rendez-vous bidon avec un client bidon ; il est allé à ce rendez-vous, il s’est pas méfié. Et pendant ce temps, trois hongrois sont allés chez lui. Ils ont trouvé sa femme et ses cinq enfants. Le plus petit avait un an. Ils ont violé sa femme, ont tout cassé dans la maison et …ont attendu qu’il rentre.
Et il est rentré le soir. Il a trouvé sa femme prostrée dans un coin, ses enfants terrifiés.
Ils lui ont dit ce qu’ils avaient fait à sa femme ; qu’ils s’étaient bien marrés.

Et puis, …devant lui, un des hongrois a attrapé un des gamins, qui devait avoir environ cinq ans, et lui a tranché la gorge en souriant. Sa femme s’est mise à hurler. Le hongrois a ensuite brandi son rasoir plein de sang et attrapé un autre enfant.
 
Et là seulement … ils lui ont dit qu’ils voulaient son territoire. Son business. Söze a regardé longuement chacun des membres de sa famille…sa femme ( sa voix se voile) et les enfants qu’ils avait encore.
Et là,…là,  il  a montré à ces hommes volontaires, ce que c’était que LA volonté.
 
Il a abattu, un à un, deux des types.
Puis il s’est dirigé vers celui qui tenait son fils… et a tiré sur l’enfant. OUI, son propre enfant. Il l’a tué de ses mains.
Puis sur un autre, et encore un autre, jusqu’au bébé qu’il a descendu dans son berceau.
 
(il s’arrête pour jauger de l’effet de ses paroles)
Rig et Baer n’en croient pas leurs oreilles.
 
 Il a dit au Hongrois qu’il préférait voir toute sa famille morte plutôt que de leur céder. Il s’est dirigé vers sa femme , qui pleurait et hurlait de douleur et de chagrin. Il a posé l’arme sur son front… et a tiré.
 
Après çà…Il a laissé le dernier hongrois vivre et partir. Pas par pitié…oh non.
Il a enterré sa femme et ses enfants et s’est mis à la recherche du dernier hongrois et du reste de la bande. Il les a trouvés, bien entendu. Il a tué leurs enfants , il a tué leurs femmes, leurs frères, leurs sœurs, leurs cousins, leurs parents et les amis de leurs parents.
 
Verbal fait une pause ; il est comme hypnotisé.
 
Il a brûlé leurs maisons, les endroits où ils travaillaient ,il a tué leurs amis, il a tué leurs ennemis,  il a tué les types qui leur devaient de l’argent. Mais il les a laissé vivre, eux. Pour que jamais, JAMAIS, ils n’oublient le nom de Keyser Söze. Pour qu’ils se souviennent qu’on ne vient pas impunément menacer le territoire de Keyser Söze. Pour qu’ils aient en mémoire, jusqu’à la fin de leur vie, le visage de leurs proches, déformé par les tortures de Keyser Söze…
Pendant des semaines, ça a été une déferlante de rage et de haine et de sang. Et d’un coup, pfft….il a disparu. Disparu de la surface du monde. Personne ne l’a plus jamais vu. Il est devenu un mythe, une légende, une histoire à faire peur, le père fouettard . ( singeant un père en colère : ) Si tu ne manges pas ta soupe, Keyser Söze va venir te chercher !
 
C’est le Démon.
 
Un silence.
 
 
Noir.
 

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25-09-2006

ACTE II SCENE 9: L’avocat entre en scène !

Scène 9

 
Les 5 malfrats sont dans un sous-sol face à trois cadavres en costume qui gisent par terre.
Une mallette est renversée sur le sol.
 
Keaton tient encore une arme dans la main.
Verbal tremble.
 
HOCKNEY
Putain de merde !
 
MC MANUS
Fais chier.
 
Un bruit se fait entendre, des pas. Quelqu’un vient.
 
KEATON
Faut pas rester là.
 
Il ramasse la mallette qui se renverse et s’ouvre complètement. Elle contient de l’argent et quelques sacs de poudre blanche.
 
KEATON
Oh putain de merde.
 
Quelqu’un s’approche…c’est Redfoot, mais il n’est pas seul.
 
MC MANUS
Qu’est-ce que… ça veut dire quoi ça, Redfoot ?
 
REDFOOT
Désolé les mecs. J’étais pas au courant de ce qui allait se passer. Oh, merde, quelle boucherie…(il semble paniqué).
Le job…c’est un coup qu’on m’a proposé. C’est lui qui me l’a proposé.
 
Il désigne en tremblant  l’homme qui l’accompagne. Celui-ci salue d’un signe de tête les 5 truands.
 
L’ HOMME, se présentant très poliment.
Maître KOBAYASHI.
 
Il regarde les 5 à tour de rôle. Eux restent interloqués.
 
KOBAYASHI
(s’adressant à Keaton) Monsieur Keaton ? Mon employeur m’a chargé de vous transmettre une proposition.
( s’adressant à Hockney) vous devez être Monsieur Hockney …je reconnais là Monsieur Fenster ( se tournant vers Fenster), et ici Monsieur Mc Manus ( s’adressant à celui-ci). Et … je suppose que vous êtes Monsieur Kint ( se tournant enfin vers Verbal).
Merci de vous êtes occupés de ces messieurs ( désignant les cadavres). Mon employeur saura vous montrer sa gratitude. Plus que vous ne sauriez l’imaginer.
 
Les 5 se regardent, un peu choqués.
 
KEATON, sur le ton de la plaisanterie
Et que pouvons nous faire pour vous être agréable ?
 
KOBAYASHI
Mon employeur a besoin de vos services. Un travail. Une journée de travail. C’est très dangereux. Je ne garantis pas que vous en sortiez tous vivants. Mais ceux qui le resteront auront à se partager 91 millions de dollars.
 
KEATON
Qui est votre employeur ?
 
KOBAYASHI
Mon employeur souhaite rester anonyme.
 
KEATON
Pas de ça avec moi. Je bosse pas sans savoir pour qui. Alors, qui est-ce ?
 
KOBAYASHI, soupirant, résigné 
Je travaille pour Keyser Söze.
 
Keaton le regarde avec scepticisme et un peu d’effroi.
Les autres se regardent.
 
KEATON
C’est quoi ce délire.
 
VERBAL
Qui est Keyser Söze ?
 
 
KOBAYASHI, d’un air un peu théâtral
Je suis certain que vous avez entendu bon nombre de rumeurs , mythes et légendes à propos de Monsieur Söze. Et je puis vous assurer, Messieurs, que la plupart d’entre elles sont réelles. Bien réelles.
 
VERBAL
QUI EST KEYSER SÖZE ?
 
KOBAYASHI
A en juger par le soudain changement d’ambiance, je suis sûr que vos amis peuvent vous l’expliquer, Monsieur Kint. Je suis venu vous faire une offre de la part de Monsieur Söze. Enfin, quand je dis une offre, il s’agirait plutôt … d’un ordre.
 
KEATON ironique
Un ordre ?!
 
Un silence. Kobayashi les regarde lentement tous les 5 à tour de rôle.
 
KOBAYASHI
En 1991, Monsieur Keaton, vous avez détourné un camion à Buffalo. Ce camion était chargé d’acier…de l’acier appartenant à Monsieur Söze et qui était destiné au Pakistan pour y être utilisé dans un réacteur nucléaire. Vous n’aviez aucun moyen de le savoir, puisque l’homme qui transportait  cet acier travaillait pour Monsieur Söze sans le savoir.
( s’adressant ensuite à Fenster)
Messieurs Fenster et Mc Manus ont détourné un avion cargo à l’aéroport de Newark ; l’avion contenait du platine et de l’or, également destiné au Pakistan.
(pointant du doigt Hockney)
il y a deux mois, Monsieur Hockney a volé un camion transportant des armes en pièces détachées dans le Queens.
 
Et oui, Messieurs, l’affaire pour laquelle vous avez tous été  suspects…
 
Tous se tournent vers Hockney. Il sourit timidement.
 
KOBAYASHI
Ces armes étaient destinées à être détruites par l’ Etat. Elles auraient dû être « perdues » et envoyées vers Belfast. Là encore, Mr Söze utilisait du personnel qui ne le connaissait pas.
 
Et nous en venons à Monsieur Kint..
 
Verbal se tait.
 
KOBAYASHI
Il y a neuf mois, un petit employé de messagerie travaillant pour Monsieur Söze , un peu simplet, s’est laissé embarquer dans une escroquerie montée par …un infirme. Sous l’influence de cette personne il a dérobé à mon employeur soixante deux mille dollars.
Voilà.
Il les regarde en mesurant l’effet de ses paroles.
(A tous) Ca nous a pris du temps avant de tous vous retrouver.
Notre intention était de vous approcher juste après votre appréhension à New York. Mais…
 
KEATON, menaçant
C’est vous qui avez organisé l’identification.
 
KOBAYASHI, l’air modeste
Monsieur Söze a passé quelques coups de fils, en effet. Vous ne deviez pas être relâchés avant que je n ’arrive . Il semble que l’avocate de Monsieur Keaton, Maître Fineran, ait été un peu trop…efficace en obtenant sa libération aussi rapidement. Retenir les autres devenait alors trop compliqué.
 
 
KEATON, en désignant Redfoot du menton
Et Redfoot ?
 
 
KOBAYASHI
Redfoot ne savait rien. Mr Söze travaille rarement avec les mêmes personnes très longtemps. Et ils ne savent pratiquement jamais pour qui ils travaillent.
Vous ne pouvez être inquiété si personne ne vous connaît.
 
FENSTER
Alors pourquoi nous dire tout ça ? pourquoi nous ? vous voulez nous buter, hein, c’est çà ! une fois qu’on vous aura fait le boulot, hop ! pourquoi ?
 
KOBAYASHI
Parce que tous, un jour, vous avez volé Mr Söze. Savez-vous ce que cela signifie pour la plupart des gens qui le connaissent ?
Le fait que vous ne sachiez pas qui vous aviez volé explique que vous soyez toujours en vie, mais vous lui devez réparation. Vous allez avoir l’occasion de payer votre dette.
 
HOCKNEY
Putain, qui c’est ce mec ? comment on peut savoir s’il bosse vraiment pour Söze ! Comment on peut savoir si tout ça n’est pas une grosse connerie ?
 
KOBAYASHI
Je ne pense pas que vous soyez en mesure de vous permettre ce genre de  remarque, Monsieur Hockney. Vous êtes tous les cinq responsable de la mort de Saul Berg et de ses deux gardes du corps. Monsieur Redfoot peut témoigner de vos agissements, et nous pouvons faire en sorte qu’il le fasse (il regarde celui-ci qui n’en mène pas large). Il ne vous servira pas d’alibi…ou alors ce sera à ses risques et périls. Mais je ne pense pas qu’il s’expose à des représailles de la part de Monsieur Söze. N’est-ce pas, Monsieur Redfoot ?
 
Celui-ci acquiesce en silence.
 
MC MANUS, se prenant la tête entre les mains
Quel merdier.
 
KOBAYASHI, joignant ses deux paumes comme pour résumer
Bien, l’offre est la suivante, Messieurs.
Les affaires de Mr Söze , ce sont surtout les narcotiques. Il est en concurrence depuis plusieurs années avec un groupe d’argentins. Mais il leur a fallu du temps pour parvenir au niveau de Monsieur Söze..du temps et de l’argent. Défier Mr Söze leur a coûté beaucoup.
Ces argentins négocient une  vente de cocaïne à 91 millions dans trois jours. Il n’est pas besoin de spécifier que cette vente, si elle se fait, leur permettra de se refaire une santé financière , donc de se redresser  sensiblement…et de gêner mon employeur dans ses affaires.
Monsieur Söze veut que vous empêchiez cette transaction. Si vous le souhaitez vous pouvez attendre la fin de la vente jusqu’à ce que l’argent ait changé de mains. La transaction doit avoir lieu dans un cargo dans le Port de San Pedro. Monsieur Söze veut que vous montiez à bord et que vous détruisiez la cocaïne qui s’y trouve. Vous pourrez même vous partager les 91 millions.
Alors vous serez libres de toute obligation envers Monsieur Söze.
 
Keaton arme son pistolet et s’avance lentement vers lui. Il semble prêt à lui arracher les yeux.
 
KEATON
Donne – moi juste une raison de ne pas te tuer immédiatement.
 
KOBAYASHI sourit et pose son attaché – case devant lui sur le capot d’une voiture.
 
KOBAYASHI, désignant le cartable
Un cadeau pour vous de la part de Monsieur Söze, Messieurs.
 
Il sort.
 
Keaton regarde à l’intérieur de la mallette et en sort 5 enveloppes marquées chacune du nom d’un des protagonistes .
Il tend à chacun son enveloppe. Il ouvre la sienne et en sort des  photos, des papiers…
 
KEATON
Oh bordel. Ouvrez-les.
 
Chacun ouvre fébrilement son enveloppe et en sort également des photos et papiers divers.
 
HOCKNEY
Il savent tout.
 
MC MANUS
Y a toute ma vie là-dedans. Tout, absolument tout ce que j’ai fait depuis que j’ai dix huit ans.
 
FENSTER
Tous ceux avec qui j’ai bossé. Tout ceux avec qui j’étais en taule.
 
MC MANUS d’un air de dégoût
Toutes les nanas que j’ai sautées !
Même les plus gros boudins.
 
HOCKNEY
Ils savent vraiment tout ces enfoirés.
 
KEATON
C’est pas juste. Merde, j’ai payé déjà pour tout çà.
 
FENSTER, rêveur
Je ne sais pas…Qui était ce gars qui nous a parlé de Söze à New York ?
 
MC MANUS
Bricks …Marlin?
 
FENSTER
Ouais. Il disait qu’il avait bossé pour lui, toujours payé 5 fois plus que d’habitude.
 
KEATON
Allez, tirons nous. Ce gars n’existe pas. Kobayashi s’en sert pour nous foutre la trouille.
 
FENSTER
Ah je sais pas… C’est pas bon tout ça.
 
HOCKNEY
C’est des foutaises ! je pense que c’est un coup monté.
 
FENSTER
D’après ce que j’ai entendu, Söze est une sorte de boucher. Un type sans pitié…on ferait bien de réfléchir.
 
KEATON
Allez, on se casse.
 
Noir.
 

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20-09-2006

Acte II scène 8 : Où l’on parle enfin de K…

Retour au présent.
Verbal et les deux inspecteurs sont à nouveau confrontés , assis de part et d’autre d’une table dans le commissariat.

BAER
Touchant, vraiment , ta petite histoire, Verbal.

VERBAL
Vous vouliez savoir. Je vous raconte.

BAER
Oh, allez, ça va ,Verbal. A qui crois-tu parler ? tu crois vraiment que je vais avaler ça ? que Keaton s’était retiré ? Pour une gonzesse ? qu’il était amoureux ? Connerie ! Il se servait d’elle.

VERBAL impassible
Il l’aimait.

BAER ironique
Bien sûr. Comme c’est romantique. Et je suis censé croire que l’idée d’attaquer le service taxi n’était pas une idée de Keaton ?

VERBAL
C’était celle de Fenster et de Mc Manus.

BAER
Oh, allez ! Keaton a été flic pendant 4 ans. Qui mieux que lui aurait pu savoir comment fonctionnait le service taxi ? Ce coup porte son nom. Sa signature.

VERBAL
Bien sûr qu’il savait. Mais c’est pas lui. Ca s’est pas passé comme ça. Edie l’avait changé. Je vous le jure.

BAER
Laisse-moi te dire un truc. Je connais Dean Keaton. J’ai enquêté sur lui pendant Trois ans. Ce type est capable de tuer de sang froid. Il a été suspecté de 3 meurtres avant qu’on lui mette la main dessus., alors n’essaie pas de me faire croire qu’il avait un cœur d’or.

VERBAL, s’entêtant
Vous vous trompez à son sujet.

BAER
Ah ouais ? Au total, Keaton a été accusé officiellement de 7 meurtres quand on l’a arrêté. Dans chaque cas les témoins se sont rétractés devant le Grand Jury ou ont mystérieusement trouvé la mort avant de pouvoir témoigner. Quand on l’a finalement coincé pour escroquerie, il a pris 5 ans. Il a tué 3 prisonniers en taule. Bien sûr je peux pas prouver que c’est lui.

Il marque une pause en sirotant son café. Il fait la grimace.

BAER
Dean Keaton était mort, tu savais ça ? il est mort dans un incendie pendant une enquête sur la mort d’un témoin qui devait déposer contre lui. A peine sorti de taule…Il est entré dans une maison qu’il venait d’acheter, il allait soi-disant vérifier une conduite de gaz. Les gens ont dit qu’alors la maison a explosé avec Keaton à l’intérieur.

VERBAL, étonné
Je ne savais pas.

BAER
Je n’en suis pas sûr.
Mais tu as dit que tu as vu Keaton mourir..
Je vais te dire ce que je pense : je pense que tu es en train de le couvrir et qu’il est toujours là, quelque part.
Je crois qu’il est derrière tout ce bordel dans le port. Vois-tu, je suis persuadé qu’il t’utilise, parce que tu es stupide et que tu crois qu’il est ton pote. Tu me dis qu’il mort, soit. Je veux en être sûr .

VERBAL, tout doucement.
Il n’y est pour rien… c’était l’avocat.

BAER
Quel avocat ?

VERBAL , après un silence, sur un débit rapide
Quand j’étais dans une chorale, en Illinois…

BAER, l’agrippant par son tee-shirt
Va te faire foutre, Verbal Kint !
Tu penses que tu peux te foutre de moi ?

VERBAL
J’ai l’immunité.

BAER
Je t’emmerde. Je peux faire de ta vie un enfer. Chaque type que j’ai coffré, chaque flic qui me doit une faveur, tout le monde connaîtra le nom de Verbal Kint. Je te laisse imaginer ce qui peut t’arriver.

Un silence.

VERBAL
Il y avait un avocat. Kobayashi.

BAER
C’est lui qui a tué Keaton ?

VERBAL
Non. Enfin peut-etre…Mais je suis sur que Keaton est mort.

BAER
Raconte. N’oublie aucun détail.

VERBAL
Mc Manus avait effectivement un contact, un commanditaire qui s’appelait Redfoot. On est tous allés le voir à Los Angeles, il avait une bonne réputation, il avait l’air d’un brave gars, un look de cowboy.
On lui a filé les cailloux, il nous a refilé le fric, et tout aurait pu s’arrêter là. Mais… Redfoot nous a proposé un autre coup.
Il avait besoin de pros comme nous.
Keaton n’était pas d’accord. Il a dit que non, qu’on était « en vacances ». Mais les autres…ça nous a paru facile, sans risque…
Mc Manus s’est engueulé avec Keaton. On avait dit un job, c’est tout, pas deux.
Mais il s’est laissé convaincre…après tout, avec un peu de tunes , il pouvait ouvrir un resto n’import où à l’étranger, là où on ne le connaissait pas…
Alors on s’est mis au boulot.

On devait braquer un joailler. Le hic, c’est que cet enfoiré avait deux gardes du corps. C’est pour ça qu’il fallait être plusieurs.
On l’a attendu dans un parking, et on l’a fait…seulement, ça s’est pas passé comme prévu.
Les gardes ont ouvert le feu, et on a dû riposter. Mc Manus a tué le type et Fenster et Keaton…ont dû liquider les deux gardes.

Agent Baer…je pourrais aller pisser s’il vous plaît ?

Baer appelle un flic en uniforme qui emmène Verbal.
Les deux flics , Baer et Rig , sont seuls. Un autre flic entre et donne un téléphone à Rig, qui écoute et ensuite raccroche.

RIG
Je viens d’avoir des nouvelles de l’hôpital. On y a dépêché un physionomiste pour faire le portrait de ce fameux Keyser Söze à partir des déclarations du Hongrois.

BAER
Il a dit autre chose ?

RIG
Toujours pareil…que c’est le diable en personne, qu’il va mourir. Il veut une protection rapprochée 24 heures sur 24 . on a dû lui dire oui pour qu’il accepte de témoigner. On devrait avoir le portrait robot d’ici quelques heures.

BAER
Keyser Söze…

RIG
Tu crois qu’il y a un lien entre ce type et l’histoire de Verbal ?

BAER
J’en sais rien…ce qui est sûr, c’est que c’est le moment de poser la question à notre ami. Va le chercher. Il doit avoir fini de pisser maintenant.

Rig sort. Il revient quelques minutes après avec Verbal.

BAER
Ca va mieux , Verbal ? Oui ? bon tant mieux parce que j’ai une question importante à te poser : QUI est KEYSER SOZE ?

Verbal semble avoir reçu une gifle.
Il se laisse tomber sur sa chaise.
Noir

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19-09-2006

Acte II Scène 7 : et d’un…

Scène 7

 
Fenster, Mc Manus , Hockney, Verbal entrent dans un vieux garage  en riant à gorge déployée.
Ils ont l’air épuisé mais satisfait.
Seul Keaton reste à l’écart, sans  afficher d’expression particulière.
Mc Manus offre à chacun une canette de bière.
 
Ils s’assoient tous autour d’une table et Mc Man renverse un sac plein d’émeraudes. Tous sont impressionnés.
 
MC MANUS
Il y en a bien plus que ce que j’imaginais.
 
HOCKNEY
Il vient quand, ton acheteur ?
 
MC MANUS
Redfoot ? il ne vient jamais me voir. C’est toujours moi qui vais le voir.
 
 
Les autres cessent de rire et s’approchent de Mc Manus en s’interrogeant.
 
VERBAL
En..en Californie ?
 
MC MANUS
Ouais. Je vais prendre quelques jours pour y aller. Enfin, moi et Fenster…
 
HOCKNEY
Attends, attends, attends. Quoi, toi et Fenster? Non, non, non. Pas question, mec. On y va tous.
 
MC MANUS
Bon, alors venez. Allez les mecs, un p’tit tour en Californie, histoire de s’en payer une bonne tranche !
 
HOCKNEY
Je suis sûr que tu comprends mon point de vue, mec.
 
MC MANUS
Ouais, ouais. Bon alors qui vient ?
 
HOCKNEY
On y va tous, j’ai dit.  Toi aussi, Keaton.
 
Tous se tournent vers Keaton. Il semble sortir de sa transe et les regarde.
 
KEATON
Je crois qu’on devrait … se faire oublier, disparaître pendant quelque temps. Alors…ok pour moi.
 
Ils se regardent tous, puis se mettent à rire autour des bijoux.
Soudain Mc Manus empoigne Verbal et le secoue.
 
MC MANUS
C’était un sacré putain de plan, mec !
 
Les autres approuvent et lui renversent leur bière sur la tête en chantant. Verbal semble un peu secoué mais heureux…
 
Mc Manus
Bon allez je m’occupe des billets d’avion.
 
Il s’éloigne pour téléphoner dans un coin, les autres se rasseoient et discutent.
Verbal va vers Keaton et lui tape sur l’épaule.
 
VERBAL
C’était d’enfer, Keaton. J’ai surtout aimé quand t’as renversé l’essence sur la bagnole et que t’y as mis le feu !Ils doivent s’être fait pincer à l’heure qu’il est.
 
Keaton sourit malgré lui.
 
KEATON
Ouais… vont l’avoir bien profond, c’est sûr. Et c’est que le début : avec l’arrestation de ces deux abrutis, ils vont remonter toute la filière et demain ou au plus dans trois jours, c’est cinquante  flics de la police de New York qui seront derrière les barreaux ! t’imagines l’hécatombe ?
 
VERBAL
Ca fait un beau feu d’artifice.
 
KEATON
Mmmm…faut que je prévienne Edie, pour la Californie.
 
VERBAL
Fais pas ça, mec. C’est le meilleur moyen de nous faire choper. Vaut mieux pas qu’elle soit au courant.
 
KEATON
Il le faut.
 
VERBAL
Fais pas ça…tu lui enverras une carte, ou ce que tu veux.
 
 
Keaton ne répond pas mais il regarde Verbal et hoche la tête, comme s’il reconnaissait que celui-ci avait raison.
 
VERBAL
Elle comprendra.
 
Noir.
 

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